Le président palestinien, Mahmoud Abbas, (à gauche) avec son homologue libanais, Joseph Aoun, au palais de Baabda, le 21 mai 2025. Capture d'écran d'une photo publiée sur le compte X de la présidence libanaise
Le président palestinien, Mahmoud Abbas, est arrivé à Beyrouth mercredi pour une visite officielle centrée sur la question du désarmement des camps palestiniens, au moment où le pouvoir libanais veut étendre son autorité sur l'ensemble du territoire national.
Il s'agit de la première visite officielle de M. Abbas depuis 2017 au Liban, qui abrite quelque 220.000 réfugiés palestiniens vivant dans des camps surpeuplés échappant au contrôle des autorités libanaises. Il a entamé ses entretiens par une rencontre avec le président libanais Joseph Aoun, selon les médias officiels.
« La question des armes palestiniennes dans les camps sera l'un des sujets de discussions » du déplacement, a déclaré à l'AFP Ahmad Majdalani, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui accompagne M. Abbas.
Un responsable gouvernemental libanais a indiqué mercredi à l'AFP que M. Abbas évoquerait « la mise en place d'un mécanisme pour rassembler les armes et les retirer des camps ». En vertu d'un accord tacite, la sécurité dans les camps de réfugiés est assurée par des factions palestiniennes, où le Fatah de Mahmoud Abbas mais également le mouvement islamiste Hamas et d'autres groupes armés palestiniens sont présents.
Interrogé par l'AFP, un responsable du Hamas au Liban, Ali Barakeh, a réclamé une « approche globale » de la question de la présence palestinienne au Liban, qui ne serait pas « limitée au dossier des armes ou de la sécurité ». « Nous respectons la souveraineté, la sécurité et la stabilité du Liban, mais demandons en même temps la garantie des droits civils et humains » des Palestiniens, auxquels le Liban interdit notamment d'exercer des dizaines de professions, a-t-il dit.
Dans une interview accordée dimanche soir à la chaîne égyptienne « ON TV », le président Aoun avait insisté sur le fait que seul l'Etat devait contrôler « le monopole des armes ». Il a annoncé que l’armée libanaise avait démantelé six camps d'entraînement d'organisations palestiniennes situés hors des camps de réfugiés.
Les autorités libanaises se sont engagées à contrôler l'ensemble du territoire depuis le cessez-le-feu en novembre entre le Hezbollah pro-iranien et Israël, à l'issue de plus d'un an d'hostilités dont deux mois de conflit ouvert en marge de la guerre à Gaza. L'armée libanaise s'est déployée au Liban-Sud et oeuvre à démanteler l'infrastructure militaire de cette formation libanaise, la seule à avoir conservé ses armes après la fin de la guerre civile en 1990, mais sortie très affaiblie de la confrontation avec Israël.


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