Les présidents français (d.), Emmanuel Macron, et ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Kiev, le 10 mai 2025. Photo AFP PHOTO / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE
Les négociations « directes » proposées par le président russe Vladimir Poutine entre la Russie et l'Ukraine, en réponse au cessez-le-feu « inconditionnel » exigé par Kiev et ses alliés, est « un premier mouvement mais il n'est pas suffisant », a réagi dimanche Emmanuel Macron.
« Le cessez-le-feu inconditionnel n'est pas précédé par des négociations, par définition », a déclaré le président français à des journalistes à sa descente de train dans la ville polonaise de Przemysl au retour d'un déplacement en Ukraine. Il a estimé que cette contre-proposition montrait que Vladimir Poutine « cherche une voie, mais il y a toujours chez lui la volonté de gagner du temps ». Prié de dire s'il s'agissait d'une manœuvre dilatoire, comme il en a plusieurs fois accusé la Russie, il a répondu: « si, si, c'en est une ».
Emmanuel Macron était samedi à Kiev avec les dirigeants britannique, allemand et polonais, au côté du président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour lancer un ultimatum à Moscou : accepter un cessez-le-feu « inconditionnel et complet » de 30 jours ou s'exposer à de nouvelles « sanctions massives ». Les Européens ont assuré agir de concert avec les Etats-Unis de Donald Trump. Dans la nuit, pendant que le président français était dans le train avec le Premier ministre britannique Keir Starmer sur le chemin du retour, Vladimir Poutine a proposé des « négociations sans aucune conditions préalable » à l'Ukraine, « dès jeudi prochain » à Istanbul. Il a repoussé la question d'une trêve à ces éventuelles tractations.
« C'est une façon de ne pas répondre », a encore dit le président français. Selon lui, le président russe ne pouvait pas juste rejeter la proposition occidentale avec l'Ukraine parce qu’il se serait mis « du mauvais côté ». « C’est une façon de montrer aussi qu’il engage et d’essayer d’avoir une ambiguïté à l’égard des Américains », a-t-il commenté. « Il a proposé quelque chose d’autre, donc je pense qu’il faut qu’on tienne bon avec les Américains pour dire que le cessez-le-feu, lui, est inconditionnel et après on peut discuter le reste », a-t-il ajouté. « D'ailleurs je pense que c'est inacceptable pour les Ukrainiens parce qu’ils ne peuvent pas accepter des discussions parallèles alors qu’ils continuent à être bombardés », a insisté Emmanuel Macron. Il a aussi jugé que la tenue de négociations à Istanbul n'était pas forcément acceptable pour Volodymyr Zelensky, en raison du précédent « compliqué » des pourparlers russo-ukrainiens tenus peu après l'invasion russe de l'Ukraine en 2022 dans la ville turque, qui n'avaient pas abouti.


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