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Enquête sur le port de Beyrouth : la délégation française reçoit des informations de la justice libanaise


Enquête sur le port de Beyrouth : la délégation française reçoit des informations de la justice libanaise

Les silos du port de Beyrouth, le 27 juin 2024. Photo L'OLJ/Mohammad Yassine.

La délégation judiciaire française s'est de nouveau entretenue mercredi avec le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth survenue en 2020, et a pris connaissance des données en sa possession qui l'aideront à établir un rapport d'expertise, selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour.

La visite des magistrats français est «un travail de coordination avec le juge Bitar dans le cadre d’une aide à l’enquête», précise-t-on de même source. Les données obtenues par les enquêteurs français pourraient les aider à établir un rapport d’expertise (causes de l’incendie, causes des deux explosions). Ce rapport devrait donc porter sur les questions techniques, sans inclure les responsabilités, telles que celles liées au débarquement et au stockage du nitrate et pourrait ainsi contribuer à l’enquête libanaise.

Une source judiciaire indique à L'OLJ que les juges français pourraient aider le juge Bitar dans l’exécution de ses commissions rogatoires à l’international, notamment en interrogeant des parties étrangères. La même source a qualifié la visite des magistrats français d’« utile ».

Au cours des rencontres, la délégation française a exprimé son plein soutien au processus judiciaire en cours au Liban et affirmé sa volonté de contribuer à la réussite de ce processus, afin de faire toute la lumière sur les faits et de garantir le bon fonctionnement de la justice. Les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant au niveau de coordination et de coopération judiciaire en place, en soulignant son impact positif sur l’avancement de l’enquête. Il a été convenu de maintenir le contenu des délibérations confidentiel, dans le respect du principe de secret de l’instruction et conformément aux règles juridiques en vigueur, précise l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Cet échange d’informations a lieu alors que le magistrat libanais n’a pu jusqu’ici accéder à des éléments d’enquête étrangers, en raison de son interdiction de voyager décrétée par la justice locale en janvier 2023 et de son impossibilité à envoyer des commissions rogatoires à l’international. 

Le 4 août 2020, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire avait dévasté des pans entiers de la capitale libanaise, tuant plus de 220 personnes, et blessant plus de 6.500 autres. Peu après, la justice française avait présenté trois rapports techniques basés notamment sur l’analyse du sol et des images satellites. Selon une source informée, ces images ne se sont toutefois pas révélées utiles à l’enquête.

La déflagration a été provoquée par un incendie dans un entrepôt au port de Beyrouth où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables, accusés de négligence.

Une enquête avait été ouverte au Liban, mais M. Bitar avait dû l'interrompre en janvier 2023, se heurtant à l'hostilité d'une partie de la classe politique, notamment du Hezbollah pro-iranien, ainsi qu'à une série de poursuites judiciaires le visant. Il a repris ses investigations début 2025, et interrogé plusieurs anciens responsables, dont l'ex-Premier ministre Hassane Diab et l'ancien ministre de l'Intérieur, Nohad Machnouk.

La reprise des investigations a coïncidé avec l'élection de Joseph Aoun à la tête de l'État et la formation d'un gouvernement dirigé par le réformateur Nawaf Salam, qui se sont tous deux engagés à respecter l'indépendance de la justice. Elle intervient alors que l'influence du Hezbollah s'est affaiblie, après une guerre ouverte avec Israël qui a pris fin le 27 novembre 2024 par un cessez-le-feu. Le Hezbollah et son allié, le mouvement chiite Amal, critiquent l'enquête du juge Bitar, qu'ils estiment « politisée » depuis qu'il a lancé des poursuites contre plusieurs responsables relevant d'Amal, notamment les anciens ministres Ali Hassan Khalil et Ghazi Zeaïter. 

La délégation judiciaire française s'est de nouveau entretenue mercredi avec le juge Tarek Bitar, en charge de l’enquête sur la double explosion au port de Beyrouth survenue en 2020, et a pris connaissance des données en sa possession qui l'aideront à établir un rapport d'expertise, selon des informations obtenues par L'Orient-Le Jour.La visite des magistrats français est «un travail de coordination avec le juge Bitar dans le cadre d’une aide à l’enquête», précise-t-on de même source. Les données obtenues par les enquêteurs français pourraient les aider à établir un rapport d’expertise (causes de l’incendie, causes des deux explosions). Ce rapport devrait donc porter sur les questions techniques, sans inclure les responsabilités, telles que celles liées au débarquement et au stockage du...