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Dernières Infos - Réfugiés

Kaboul dénonce les « violences » du Pakistan sur des Afghans poussés au départ


Des réfugiés afghans qui attendent d'être déportés vers l'Afghanistan arrivent dans un centre où leurs données biométriques seront récoltées, le 8 avril 2025, à la frontière entre le Pakidtan et lAfghanistan. ABDUL BASIT/AFP

Le gouvernement taliban a dénoncé mardi les « violences » infligées aux Afghans durant la nouvelle campagne massive d'expulsions du Pakistan, accusant son voisin d'utiliser ces migrants « à des fins politiques ». « La maltraitance infligée par les pays voisins est inacceptable et intolérable », a affirmé le ministère afghan des Réfugiés et du Rapatriement sur le réseau social X, déplorant l'absence d'accord pour faciliter les départs.

D'après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 4.000 Afghans ont traversé la frontière en moyenne dimanche et lundi, « soit bien plus qu'en mars où la moyenne était seulement de 77 personnes » par jour. En 2025, jusqu'à 1,6 million d'Afghans pourraient être expulsés, a estimé l'organisation onusienne auprès de l'AFP.

Actuellement, environ trois millions d'Afghans vivent au Pakistan: 800.000 ont vu leur carte de résidence pakistanaise annulée en avril, tandis qu'1,3 million ont encore un permis de séjour jusqu'au 30 juin parce qu'ils sont inscrits auprès du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés ; les autres n'ont pas de papiers. « Nous regrettons vivement que des réfugiés afghans soient soumis à des violences », affirme encore le ministère à Kaboul. « Tous les réfugiés devraient avoir la possibilité de prendre avec eux leur argent, leurs affaires et leurs biens », ajoute-t-il.

Des Afghans traversant la frontière ont raconté ces derniers jours à l'AFP être partis sans avoir pu emporter la totalité de leurs affaires ou de leur argent, tandis que d'autres sont raflés et emmenés directement à la frontière sans avoir pu rassembler leurs effets. En outre, depuis des mois, des militants des droits humains signalent harcèlement, racket et brimades des forces de sécurité pakistanaises à l'encontre des Afghans.

Moniza Kakar, avocate à Karachi, la plus grande ville du Pakistan, accuse auprès de l'AFP: « les Afghans ne sont pas autorisés à prendre leurs affaires » et « des familles sont séparées par ces arrestations car il n'y a pas de mécanisme par famille ». « Personne ne doit utiliser les réfugiés à des fins politiques », a encore dit le ministère afghan, alors que les relations entre Kaboul et Islamabad connaissent un froid, alimenté notamment par des questions sécuritaires. Sollicitées par l'AFP, les autorités pakistanaises n'ont pas commenté dans l'immédiat.

« Mon seul crime c'est d'être Afghan », se désole Chah Mahmoud, de retour en Afghanistan au point de passage de Torkham. « J'avais des papiers, ils les ont déchirés ». Fin 2023 déjà, le Pakistan avait expulsé plus de 800.000 Afghans, accusés de semer le trouble au Pakistan, pays englué dans le marasme politique et économique et la violence. 

Le gouvernement taliban a dénoncé mardi les « violences » infligées aux Afghans durant la nouvelle campagne massive d'expulsions du Pakistan, accusant son voisin d'utiliser ces migrants « à des fins politiques ». « La maltraitance infligée par les pays voisins est inacceptable et intolérable », a affirmé le ministère afghan des Réfugiés et du Rapatriement sur le réseau social X, déplorant l'absence d'accord pour faciliter les départs.D'après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 4.000 Afghans ont traversé la frontière en moyenne dimanche et lundi, « soit bien plus qu'en mars où la moyenne était seulement de 77 personnes » par jour. En 2025, jusqu'à 1,6 million d'Afghans pourraient être expulsés, a estimé l'organisation onusienne auprès de...