Le patriarche maronite Béchara Raï, lors d'une messe à Bkerké, le 6 avril 2025. Photo ANI
Le patriarche maronite Béchara Raï a mis en garde contre tout changement du système politique au Liban et appelé les différentes communautés religieuses à « faire des concessions à l'État, et non le contraire », lors de son homélie dominicale à Bkerké. « Ce n'est pas la démographie, mais le partenariat qui est la norme » du système en place dans le pays, a-t-il rappelé, alors que le mufti jaafarite Ahmad Kabalan demandait « l'actualisation de ce système ».
« Au niveau national, tout le monde demande de changer le système au Liban, mais les Libanais ne sont pas d'accord sur la définition de ce système, ni sur le timing du lancement de ce projet qui pourrait être plein de surprises (...) Nous vivons dans un système démocratique parlementaire, avec une équation de vivre-ensemble islamo-chrétien typique, et un pacte national qui soutient ce système (...) Ce n'est pas la démographie, mais le partenariat qui est la norme de ce système », a déclaré le chef de l'Eglise maronite.
« Certains veulent mettre la main sur l'État et non pas réformer le système (...) Lorsque cette réforme se transforme en usurpation de l'autorité, cela engendre une guerre civile. Certains parmi ceux qui demandent de changer la Constitution veulent étendre leur pouvoir au sein de l'État et non pas l'améliorer. Ce qui est demandé, c'est que les communautés religieuses fassent des concessions à l'État, et non le contraire, et que les deux parties prennent sous leur aile les citoyens qui veulent un État laïc. Le rôle du citoyen est inexistant au Liban », a-t-il estimé.
Les propos du patriarche font écho à deux propositions de loi présentées fin mars par le député Ali Hassan Khalil (mouvement chiite Amal), bras droit du président du Parlement, Nabih Berry, qui prévoient entre autres que les députés ne seraient plus élus sur une base confessionnelle comme c’est le cas actuellement. Ces propositions ont éveillé des craintes quant à la représentativité des différents groupes confessionnels, à l'heure où la communauté chiite, dont est issu M. Berry, est dominante sur le plan démographique, selon certaines sources. « Nous souhaitons finaliser l’application de l’accord de Taëf et moderniser le système politique. Cette réforme électorale est essentielle pour sortir du confessionnalisme et bâtir un État fondé sur la citoyenneté », avait expliqué M. Khalil.
Kabalan appelle à « actualiser le système »
Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a appelé, dimanche pour sa part, à « actualiser le système au Liban, de manière à servir le pays et la citoyenneté, ainsi que le partenariat historique des différentes confessions », sans plus de détails. «La citoyenneté comme formule politique et électorale est une nécessité juridique et un devoir national», a-t-il ajouté dans un communiqué publié par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
Le mufti Kabalan, qui est connu pour sa proximité avec le Hezbollah, a par ailleurs estimé que « ce qui se passe au sud du Litani est dangereux », tout en critiquant « la prostration du gouvernement ». « Sans politique gouvernementale, il n'y aura pas d'administration. Il semble que le gouvernement ne veuille pas porter de poids lourds. Notre rôle est de préserver les décisions nationales et de faire en sorte que le gouvernement ait les pieds sur terre », a-t-il dit.
« Ce qui se passe dans les coulisses est grave et ne sert pas les intérêts nationaux. Certains propos libanais sont pires que les salles d'opérations sionistes les plus dangereuses (...) Certains ne s'intéressent qu'à leurs milices noyées dans le sang et les atrocités », a encore déclaré le mufti.
« Certains ont payé le prix et continuent de le payer pour que ce cher pays puisse subsister, tandis que d'autres poussent aujourd'hui à les écarter, ce qui équivaut à écarter la souveraineté (...) Le plus dangereux est que certains insistent à ancrer le nouveau protectorat », a-t-il encore dit, en allusion aux discussions sur les armes du Hezbollah et la visite cette semaine de l'émissaire américaine Morgan Ortagus, envoyée spéciale adjointe du président Donald Trump pour la paix au Moyen-Orient.
Mme Ortagus a tenu samedi des réunions jugées positives avec les responsables libanais. Sa visite intervient à l'heure de tensions croissantes au Liban, et de la volonté affichée de l'État hébreu de normaliser à terme ses relations avec Beyrouth.
Lors d'une réunion vendredi de Mme Ortagus avec le Premier ministre Nawaf Salam, les discussions sont porté sur les mesures prises par l'armée libanaise pour mettre en œuvre la résolution 1701 de l'ONU et l'accord sur les arrangements sécuritaires liés à la cessation des hostilités, en coopération avec le comité de surveillance de la trêve, ainsi que sur l'achèvement du retrait israélien du territoire libanais.



Moderniser et actualiser. Ces mots sonnent faux dans la bouche de ceux qui ont toujours prôné la supériorité de leur CHIAA, CHIAA. Maintenant qu’ils sont au pied du mur il viennent nous vendre leur l’acidité alors qu’un de leur dignitaires s’offusque qu’une journaliste chiite ne puisse pas porté son foulard, et pourquoi pas la tenue imposée par les mollahs aux femmes iraniennes. C’est à se demander s’ils savent de quoi ils causent.
12 h 29, le 07 avril 2025