Des soldats de la Finul patrouillant sur la route près de la frontière avec Israël, dans la ville côtière de Naqoura au Liban-Sud, le 19 mars 2025. Mahmoud Zayyat/AFP
L’entrée jeudi d’une patrouille de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le village de Kfar Hamam, dans le caza de Marjeyoun, sans coordination préalable avec l’armée libanaise, a provoqué un malentendu entre les deux parties. L'information a d'abord été rapportée par la chaîne du Hezbollah al-Manar et celle d'al-Mayadeen, proche du parti chiite.
Selon al-Manar, l'armée libanaise a immédiatement contacté le commandement de la Finul pour exprimer son mécontentement, reprochant à des soldats du contingent finlandais d’être entrés dans le village sans s’arrêter à un barrage militaire libanais, agissant ainsi « en dehors du cadre de la coordination et du respect des règles » établies.
Interrogé vendredi par L'Orient-Le Jour, le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a affirmé que « le problème est résolu ». Il a démenti toute négligence de la part du bataillon finlandais et précisé que « les Casques bleus ont agi conformément à la résolution 1701 » de l'ONU. M. Tenenti a rappelé que la « Finul peut mener des activités indépendantes à l'intérieur de sa zone d'opérations ».
La résolution 1701 de l'ONU – qui a mis un terme à la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël, et sert de cadre à l'accord de cessez-le-feu entre le Liban et l'État hébreu entré en vigueur le 27 novembre 2024 après treize mois de conflit – a considérablement accru le rôle de la Finul, présente au Liban-Sud depuis 1978 pour maintenir la paix à la frontière avec Israël, et précisé le cadre de son action. L'article 12 mentionne que le « gouvernement libanais (...) autorise la Finul à prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées ».
Coordination « primordiale » avec l'armée
« Il est également important de souligner que la coordination avec l'armée libanaise est primordiale, essentielle et continue », a toutefois insisté M. Tenenti. « En même temps, la liberté de mouvement doit être garantie par les parties », a-t-il ajouté, concluant que « les soldats de la paix continueront à travailler en coordination avec l'armée à travers des activités conjointes et de manière indépendante, conformément à la résolution 1701 ».
Le porte-parole de l'armée libanaise, le général Élie Mezher, a quant à lui indiqué « ne pas avoir d'informations » sur cet incident, précisant que la Finul avait « pour coutume d'effectuer au Liban-Sud des patrouilles indépendantes ou conjointes avec l'armée libanaise », et que les premières étaient d'ordinaire réalisées selon un « horaire précis » et en informant l'armée.
Ce malentendu intervient à l'heure où certaines sources affirment que la mission des Casques bleus serait menacée par l'intransigeance du président américain Donald Trump, qui pourrait réclamer que le mandat de la Finul soit placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies (qui lui permet de recourir à la force « pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales »), ce que le Liban refuse.
Les incidents entre la Finul et le Hezbollah, ou des villageois dans des régions acquises au parti chiite, sont souvent signalés, mais ceux entre les Casques bleus et l'armée libanaise sont plus rares.



Il faut savoir ce que l’on veut. Lorsque la FINUL recule devant les opposants du HB et se fait agressée sans riposter on crie à son inutilité et son laxisme, et lorsqu’elle applique les résolutions on crie au manque de respect pour l’armée. Pourquoi l’armée arrêterait elle une force d’intervention qu’elle a accepté de la seconder pour mettre de l’ordre dans ces régions? Les rumeurs propagées par le HB vont bon train pour créer la zizanie entre ceux qui aspirent à la même chose, le réduire au silence en l’obligeant à se conformer aux lois. Ça n’a rien de nouveau.
11 h 19, le 05 avril 2025