Des supports pour lance-roquettes trouvés par l'armée libanaise dans le sud du Liban. Photo tirée du compte @LebarmyOfficial sur X
Le Conseil supérieur chiite (CSC), représenté par son avocat, le député du Hezbollah Hassan Fadlallah, a déposé une plainte officielle auprès du Parquet contre toute personne identifiée au cours de l'enquête comme étant impliquée dans les tirs de roquettes depuis le Liban-Sud, que ce soit en tant qu'acteur, partenaire, intermédiaire ou instigateur. La plainte vise également toute personne qui « propage la violence sectaire et accueille favorablement de telles attaques », rapporte l’agence al-Markaziya mercredi.
« Cette plainte vise toute personne impliquée dans la promotion d'une rhétorique incendiaire envers l'ennemi, qui déstabilise la sécurité intérieure, incite aux conflits sectaires et affaiblit l'unité nationale », précise un communiqué.
Jeudi, l'armée libanaise a localisé le site d'où deux roquettes ont été tirées vers le nord d'Israël. Samedi, la Sûreté générale a annoncé l'arrestation de « plusieurs suspects » en relation avec les récents tirs de roquettes en direction d'Israël. Les roquettes auraient été lancées depuis une zone de Qaaqaaiyet al-Jisr (Nabatiyé), au nord du fleuve Litani.
En représailles à cette attaque, le porte-parole de l’armée israélienne en langue arabe, Avichay Adraee, a lancé vendredi un avertissement urgent d'évacuation d'un bâtiment à Hadeth, dans la banlieue sud de Beyrouth - le premier avertissement de ce type depuis le fragile cessez-le-feu conclu entre le Hezbollah et Israël le 27 novembre 2024. Le bâtiment a ensuite été pris pour cible et détruit.
Tôt lundi matin, une autre frappe israélienne a visé un immeuble résidentiel dans le quartier de Sfeir, dans la banlieue sud, sans avertissement, tuant Hassan Bdeir, chef adjoint du dossier palestinien au Hezbollah, son fils et deux autres personnes. Le haut responsable du parti se trouvait chez lui avec sa famille lors de l'attaque.
Le Hezbollah a confirmé la mort de M. Bdeir et de son fils, Ali, mardi après-midi, en publiant des photos des deux hommes en treillis militaire.
Le département d'État américain a justifié l'attaque dans une déclaration reprise par l'agence Reuters, en la reliant aux tirs de roquettes vendredi dernier depuis le Liban.
Après l'attaque, certains utilisateurs libanais des réseaux sociaux ont salué la frappe et se sont réjouis de la destruction de « sites du Hezbollah ».
« Une attention particulière doit être accordée aux Libanais qui se réjouissent de la menace d'une attaque israélienne sur Beyrouth. Un tel comportement témoigne d'un mépris alarmant à l’encontre de la sécurité et des moyens de subsistance de leurs concitoyens, et est considéré comme un crime grave qui sape la paix civile et encourage la violence sectaire », indique le communiqué du CSC.
DestabilisationAlors qu'il se trouvait à Paris pour rencontrer le président français Emmanuel Macron, le président libanais Joseph Aoun a publié une déclaration dans laquelle il affirme que le Hezbollah nie fermement toute implication dans les attentats. « Tout indique que le Hezbollah n'est pas responsable des tirs de roquettes en direction d'Israël », avait indiqué M. Aoun.
« Il ne fait aucun doute que le lancement de ces roquettes visait à déstabiliser la sécurité intérieure et à provoquer des hostilités plus élargies avec l'ennemi israélien. De telles actions constituent des crimes qui menacent la sécurité de l'État, violent les lois nationales et internationales et compromettent les efforts diplomatiques pour prévenir un nouveau conflit », a déclaré le Conseil supérieur chiite dans son communiqué.
Le CSC a demandé que « la plainte soit transmise dans les plus brefs délais aux forces de sécurité compétentes, afin qu'elles mènent une enquête plus approfondie sur les tirs de roquettes et sur les personnes impliquées dans la diffusion d’un discours dangereux susceptible de déstabiliser le pays et d'encourager les conflits sectaires ».



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