La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen, assiste à une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 1er avril 2025. Photo AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
Le président français Emmanuel Macron et son Premier ministre François Bayrou ont apporté mercredi un soutien ferme à l'indépendance de la justice à la suite de la condamnation en première instance de la cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen, après l'annonce que la décision en appel pourrait intervenir à l'été 2026.
Lors du Conseil des ministres, le chef de l'Etat, qui ne s'était pas encore exprimé depuis la condamnation de lundi, s'est placé en « garant des institutions » en « rappelant » que « l'autorité judiciaire est indépendante » et que « les magistrats doivent être protégés et ont le droit d'être respectés », selon son entourage.
Il a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon des participants, alors que la justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du parti d'extrême droite.
Jugée coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens de son parti, Marine Le Pen a été condamnée lundi à quatre ans de prison (dont 2 ferme aménagés sous bracelet électronique) et à une amende de 100.000 euros, assortis d'une peine d'inéligibilité immédiate de cinq ans qui, en l'état, l'empêche de briguer la présidence française dans deux ans.
Pour sa part, François Bayrou a précisé devant les députés le fond de sa pensée sur le jugement de Marine Le Pen. Selon son entourage, il s'était dit « troublé » de la décision, en affirmant que ses « interrogations » portaient sur l'application immédiate (exécution provisoire) de la peine d'inéligibilité et non sur la peine elle-même.
« S'il y a interrogation, c'est le Parlement qui doit s'en saisir » car cette disposition, « c'est la loi », a-t-il affirmé.
Plusieurs membres du Rassemblement national (RN), le parti de Mme Le Pen, ont salué l'annonce la veille par la cour d'appel de Paris qu'elle examinerait le dossier « dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l'été 2026 », soit de longs mois avant la présidentielle.
Recours
« Au plus vite la décision sera définitive, plus vite on sera fixé, mieux c'est pour notre débat démocratique », a de son côté commenté le chef des députés LR (droite) Laurent Wauquiez.
Rien ne garantit toutefois que la cour d'appel rende une décision différente de celle du tribunal, qui a considéré qu'il y avait bien eu un « système » entre 2004 et 2016 pour faire des « économies » au RN en payant avec l'argent du Parlement européen des assistants d'eurodéputés travaillant pour le parti. Le préjudice total est évalué à 4,1 millions d'euros.
Outre Marine Le Pen et le parti, 23 personnes ont été condamnées lundi dans ce dossier
Dans ce contexte, le RN veut s'en prendre au principe de l' »exécution provisoire » pour les peines d'inéligibilité, qui rend celles-ci immédiatement applicables, sans attendre que les recours soient épuisés.
Dans le quotidien Le Parisien, Marine Le Pen a annoncé vouloir « saisir le Conseil constitutionnel par une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) », ainsi que la Cour européenne des droits de l'Homme « en référé » pour faire valoir que le jugement « crée un préjudice irréparable ».
Le RN organise dimanche à Paris une manifestation de soutien à Marine le Pen.
« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'état de droit et de la démocratie française », a assuré mercredi le président du parti et eurodéputé Jordan Bardella à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.
Le président français Emmanuel Macron et son Premier ministre François Bayrou ont apporté mercredi un soutien ferme à l'indépendance de la justice à la suite de la condamnation en première instance de la cheffe de file de l'extrême droite française Marine Le Pen, après l'annonce que la décision en appel pourrait intervenir à l'été 2026. Lors du Conseil des ministres, le chef de l'Etat, qui ne s'était pas encore exprimé depuis la condamnation de lundi, s'est placé en « garant des institutions » en « rappelant » que « l'autorité judiciaire est indépendante » et que « les magistrats doivent être protégés et ont le droit d'être respectés », selon son entourage. Il a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon des participants, alors que la justice a déjà fait...


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