Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, prononçant un discours le 29 mars 2025. Capture d'écran.
Au lendemain de la première frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth depuis l’entrée en vigueur de la trêve en novembre, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a averti samedi que si l’État libanais échoue à obtenir des résultats politiques face aux violations israéliennes, « d’autres options » seraient envisagées.
« Si Israël ne respecte pas l’accord et si l’État libanais ne parvient pas au résultat attendu au niveau politique, nous n’aurons d’autre choix que de revenir à d’autres options », a-t-il déclaré lors d’un discours télévisé.
Naïm Kassem a affirmé que « le Hezbollah a respecté l’accord de cessez-le-feu, mais Israël continue ses violations quotidiennes du territoire libanais », dénonçant ces attaques comme « une agression dépassant toutes les limites ». Il a exhorté l’État libanais « à agir et à ne pas se limiter à la diplomatie ». « Il est encore possible de régler la situation par la voie politique et diplomatique, mais (…) il y a une limite à tout (…) », a-t-il prévenu. « Nous ne permettrons à personne de nous priver de notre vie, de notre terre et de notre dignité », a-t-il insisté, ajoutant : « Nous ne sommes pas faibles face aux projets des Etats-Unis et d'Israël ».
Il a aussi indiqué qu'il est du devoir de l'Etat libanais « de mettre fin à l'occupation, d'arrêter l'agression, de faire pression sur les Etats qui ont parrainé (l'accord de cessez-le-feu), de sortir du cercle diplomatique à un moment donné pour faire face à cette occupation ».
« En tant que Hezbollah, nous nous sommes pleinement engagés à respecter l’accord. Nous n’avons pas de présence armée au sud du fleuve Litani, et pourtant Israël ne s’est pas retiré de l’ensemble du territoire libanais », a poursuivi Naïm Kassem. Selon l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre, seuls l’armée libanaise et les Casques bleus de l’ONU sont autorisés à se déployer dans le sud du Liban, d’où le Hezbollah doit se retirer. Cependant, l'accord de cessez-le-feu est violé quasi-quotidiennement par Israël, avec des frappes et des survols. En plus, l’armée israélienne occupe toujours cinq positions qu'elle considère stratégiques au Liban-Sud et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l’État hébreu « ne renoncera pas » à ces positions.
« Pendant que nous restons les bras croisés »
Le chef du parti chiite a jugé « inacceptable » la poursuite des attaques israéliennes. « Si Israël croit pouvoir imposer une nouvelle équation en utilisant des prétextes mensongers pour tuer (…), attaquer le Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth, cela est inacceptable », a-t-il averti. « Nous ne pouvons pas accepter qu’Israël attaque le Liban et agisse librement quand bon lui semble, pendant que nous restons les bras croisés, a-t-il ajouté. Il faut que soit mis un terme à cette agression ».
Vendredi, Israël a bombardé la banlieue sud de Beyrouth, un bastion du Hezbollah, pour la première fois près quatre mois de trêve, en riposte à des tirs de roquettes non revendiqués ayant visé son territoire. Le Hezbollah a nié toute implication. De son côté, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a prévenu que la banlieue sud serait frappée « à chaque tentative » d’attaque contre le nord d’Israël. À la suite de cette frappe, le parti chiite a annulé un rassemblement prévu dans la banlieue sud, où Naïm Kassem devait s’exprimer. Affaibli par sa guerre contre Israël, le Hezbollah fait face à un bilan lourd : plus de 4 000 morts au Liban.
Annexer le Liban-Sud
Naïm Kassem a décrit Israël comme « une tumeur cancéreuse aux mains des États-Unis », précisant que « depuis des décennies, l’État hébreu poursuit des objectifs expansionnistes mais recule face à la résistance ». Il a ajouté que « pour Israël, la Palestine n’existe pas, et elle cherche même à contrôler entièrement la Cisjordanie », tout en affirmant que « le peuple palestinien ne sera jamais vaincu car il est dans son droit ». « C’est pourquoi nous réaffirmons notre engagement envers Jérusalem, malgré les défis, et nous croyons fermement en la libération de la Palestine », a-t-il ajouté.
Le leader chiite a dans ce cadre averti que « le Liban figure sur la liste des territoires qu’Israël veut annexer, au moins le Sud, dans une logique de colonisation ». « Seule la résistance a contraint Israël à se retirer en 2000, malgré les résolutions internationales », a-t-il rappelé. « Israël est un ennemi expansionniste qui ne connaît pas de limites à son expansion et la résistance est un droit légitime et défensif qui doit se poursuivre », a-t-il ajouté en affirmant que « la résistance ne peut empêcher l'agression mais elle peut empêcher (Israël) d'atteindre ses objectifs ».




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15 h 54, le 31 mars 2025