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La diplomatie française obtient un « sursis » de Pékin pour la filière Cognac


La diplomatie française obtient un « sursis » de Pékin pour la filière Cognac

Un alignement de fûts de Cognac dans la cave du producteur de cognac Château de Montifaud à Jarnac-Champagne, dans le sud-ouest de la France, le 20 mars 2025. Photo AFP/ROMAIN PERROCHEAU

Le différend commercial avec la Chine sur le cognac français est loin d'être résolu mais Pékin a infléchi sa position en repoussant de trois mois l'application définitive des droits de douane supplémentaires, à l'issue d'une visite du chef de la diplomatie française.

Il s'agit d'un « sursis », a reconnu vendredi Jean-Noël Barrot depuis Shanghai. C'est « une première étape qui devra être suivie d'autres étapes pour (...) mettre définitivement ce différend derrière nous », a-t-il ajouté.

Le ministre français achevait vendredi une tournée en Asie qui l'a conduit à Singapour, Jakarta, Pékin et enfin Shanghai vendredi.

« Le risque auquel était confrontée la filière, jusqu'à hier, c'était l'application définitive à l'issue de la période de l'enquête, qui devait se terminer le 5 avril prochain », a expliqué M. Barrot.

« A l'issue de cette visite, m'est confirmé que l'enquête est repoussée de trois mois. Ce qui écarte le scénario d'une application brutale de droit définitif sur cette filière », s'est-il félicité.

Les représentants de la filière française ont réagi avec prudence à cette décision.

« L'annonce faite semble repousser à juillet la fin de l'enquête et donc l'application de droits définitifs », a ainsi réagi le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) auprès de l'AFP.

« Mais des droits temporaires nous sont déjà appliqués depuis octobre sous forme de caution », a-t-il déploré.

En outre, l'étau se resserre alors que c'était « la dernière fois que la prolongation de trois mois » pouvait être décidée, a expliqué à l'AFP Anthony Brun, président de l'Union générale des viticulteurs pour l'AOC Cognac (UGVC) et membre du comité permanent du BNIC.

« On le savait. Donc l'objectif reste toujours le même, s'éloigner définitivement de ces sanctions », a-t-il déclaré.

Évoquant un « sentiment partagé », ce responsable veut tout de même voir dans cette annonce un « signal positif » mais il espère surtout un « abandon définitif » des sanctions chinoises.

La filière cognac, qui compte 72.500 emplois en France, est ultra dépendante des exportations, qui représentent 98% de ses ventes, pour un montant de 3,35 milliards d'euros, avec comme premier client les États-Unis (38% des expéditions), devant la Chine (25%).

Les taxes provisoires ont fait chuter de 60% les expéditions de l'alcool charentais vers la Chine depuis quatre mois.

Premier ministre français en Chine ? 

À l'automne, la Chine avait annoncé l'imposition de « mesures antidumping temporaires » sur les brandys importés de l'Union européenne (UE), dont le cognac, vues comme une riposte à une procédure similaire de Bruxelles sur les subventions aux voitures électriques produites en Chine.

La semaine dernière, la filière du cognac avait exhorté l'État français et l'Union européenne à agir pour la « sauver » de la « catastrophe ».

« Il faut absolument que la diplomatie fasse son œuvre », a exhorté Anthony Brun.

Jean-Noël Barrot a martelé que les diplomates allaient continuer à se « mobiliser à Paris comme à Pékin grâce au travail de notre ambassadeur et avec l'ensemble des parties prenantes ».

Lors d'un discours devant les ambassadeurs, le 6 janvier dernier, le président Emmanuel Macron avait lui-même souligné que les diplomates continueraient d'être aux côtés de ses producteurs « qui ont subi les mesures de rétorsion ».

« Que nos producteurs de cognac et d'armagnac sachent la mobilisation de l'ensemble du gouvernement de la France », avait-il lancé.

Il avait alors en outre évoqué un déplacement en Chine du Premier ministre de l'époque, Michel Barnier, « pour obtenir l'avancée sur ce sujet ».

Celui-ci a été depuis remplacé par François Bayrou à la faveur d'un remaniement. Le voyage en Chine de son successeur n'a jamais été confirmé.

Il n'est pas impossible que le Premier ministre se rende dans les prochains mois en Chine, a indiqué une source diplomatique, précisant que le voyage de Jean-Noël Barrot ne se substituait pas à celui qui avait été proposé pour Michel Barnier.


Le différend commercial avec la Chine sur le cognac français est loin d'être résolu mais Pékin a infléchi sa position en repoussant de trois mois l'application définitive des droits de douane supplémentaires, à l'issue d'une visite du chef de la diplomatie française.Il s'agit d'un « sursis », a reconnu vendredi Jean-Noël Barrot depuis Shanghai. C'est « une première étape qui devra être suivie d'autres étapes pour (...) mettre définitivement ce différend derrière nous », a-t-il ajouté.Le ministre français achevait vendredi une tournée en Asie qui l'a conduit à Singapour, Jakarta, Pékin et enfin Shanghai vendredi.« Le risque auquel était confrontée la filière, jusqu'à hier, c'était l'application définitive à l'issue de la période de l'enquête, qui devait se terminer le 5 avril prochain »,...