Steve Witkoff, alors investisseur américain, assistant au dernier jour de la Convention nationale républicaine de 2024, le 18 juillet 2024. Patrick T. Fallon/AFP
« L'approche du président américain Donald Trump en direction de l’ayatollah Ali Khamenei concernant un possible nouvel accord nucléaire est un effort visant à éviter une action militaire », a déclaré dimanche l'envoyé spécial américain Steve Witkoff à la chaîne Fox News, dans des propos cités par l'agence Reuters. « Nous n'avons pas besoin de tout résoudre militairement », a-t-il ajouté.
« Notre message à l'Iran est le suivant : asseyons-nous et voyons si nous pouvons par le dialogue, par la diplomatie, parvenir au bon résultat. Si nous le pouvons, nous sommes prêts à le faire. Et si nous ne le pouvons pas, l'alternative n'est pas la bonne » a-t-il assuré.
Dans un autre entretien publié vendredi, Steve Witkoff avait indiqué que Donald Trump « veut établir une relation de confiance » avec l'Iran. Le président américain avait révélé le 7 mars avoir envoyé une lettre à l'Iran pour proposer à ce pays, grand adversaire des États-Unis, de reprendre les négociations sur le nucléaire sous peine d'une action militaire, mais le contenu même de la missive était mal connu.
Cette lettre « dit, en gros : +Je suis un président de paix, c'est ce que je veux. Il n'y a aucune raison d'en venir aux armes. Nous devons parler, écarter les idées fausses+ », a détaillé Steve Witkoff dans un entretien avec l'animateur Tucker Carlson. Et de poursuivre sur le contenu : « +Nous devons créer un programme afin que personne ne s'inquiète d'une militarisation de votre programme nucléaire, et je voudrais y parvenir, parce que l'alternative n'est pas une très bonne alternative+, voilà pour résumer ce qui était dit. »
« Les Iraniens ont répondu (...) via des canaux parallèles, plusieurs pays et plusieurs moyens », a-t-il ajouté, sans en dire plus. « Je pense qu'il y a une possibilité réelle de régler cela de manière diplomatique », a-t-il ajouté. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait retiré les États-Unis d'un accord international avec l'Iran.
Les deux pays n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, et les États-Unis, ainsi que d'autres pays alliés, imposent des sanctions qui pèsent lourd sur l'économie iranienne.
Donald Trump « est ouvert à l'opportunité de faire le grand ménage avec l'Iran, et que ce pays redevienne une grande nation », a encore ajouté Steve Witkoff, également à la manœuvre dans les discussions avec la Russie sur l'Ukraine.
En début de journée vendredi, le guide suprême iranien Ali Khamenei avait dénoncé la position américaine : « Les Américains doivent savoir que les menaces ne les mèneront nulle part face à l'Iran. Eux et d'autres doivent savoir qu'ils recevront une gifle sévère s'ils portent atteinte à la nation iranienne. » Téhéran va répondre à la lettre « dans les prochains jours », a dit jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.
Les pays occidentaux, États-Unis en tête, accusent depuis des décennies l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.


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