Un des halls de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB). Photo d'archives L'OLJ
Le ministre libanais des Transports et des Travaux publics, Fayez Rassamny, a annoncé jeudi que Fadi el-Hassan, qui a été démis mercredi de ses fonctions de directeur général p.i. de l’Aviation civile et de président p.i. de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB), sera en revanche maintenu dans ses fonctions d'ingénieur en contrat avec le ministère.
« Dans le cadre des efforts permanents à l'AIB (...) le ministre Rassamny a émis une série de décisions concernant les désignations à la direction générale de l'Aviation civile (...) en attendant la mise en place d'un Conseil d'administration de l'Aviation civile », indique un communiqué du ministère.
Nominations provisoires à l'AIB et l'Aviation civile
La décision publiée jeudi par le ministre confirme des nominations rapportées depuis la veille au soir par plusieurs sources au sein de l'aéroport. Dans ce cadre, M. Rassamny a nommé à la direction de l’Aviation civile l’ingénieur Amine Jaber, à la présidence de l’AIB Kamal Nassereddine, et à la tête du service d’entretien des équipements auprès de l’Aviation civile, l’ingénieur Mohammad Saad. Il a également nommé l'ingénieur Maher Chehab au poste de chef du département d'orientation.
Ces récentes nominations sont provisoires, « dans l’attente de nominations définitives dans le cadre de la fonction », peut-on lire sur les décisions ministérielles (138, 139, 141) que L'Orient-Le Jour a pu consulter.
Fadi el-Hassan, proche du tandem chiite, était décrié pour cumul injustifié de fonctions. Les trois postes de la présidence de l’aéroport, de la direction générale de l’Aviation civile et de la direction des aéroports étaient d’ailleurs occupés par des membres de la communauté chiite, proches d'Amal et du Hezbollah. Fadi el-Hassan cumulait les deux premiers, alors que la direction des aéroports était confiée à Ibrahim Abou Alawa, qui était aussi président adjoint de l'AIB. Mercredi, Fadi el-Hassan a confirmé sa démission à L’OLJ, affirmant qu'il « quittait totalement ses fonctions ».
Dans un Liban en pleine crise, plombé par l’effondrement de la monnaie nationale et les désaccords politiques endémiques, le fonctionnement de l’aéroport de Beyrouth était entaché par les luttes de pouvoir, le clientélisme, l’insubordination et les lacunes d’une législation vieille de 40 ans qui définit mal les prérogatives. Malgré l’adoption en 2002 de la loi 481 régissant la création de l’Autorité de l’aviation civile, cet organisme indépendant n’a jamais vu le jour.
Israël a accusé à plusieurs reprises le Hezbollah d'utiliser l'AIB pour acheminer des armes d'Iran, ce que démentent le parti chiite et plusieurs responsables libanais. À la mi-février, le Liban s'était opposé au vol vers Beyrouth d'un avion iranien, après avoir été contacté par les États-Unis qui l'ont informé qu'Israël risquait de frapper l'aéroport. Cette interdiction, depuis élargie sine die à tous les vols en provenance d'Iran, a provoqué des manifestations de partisans du Hezbollah qui ont bloqué la route menant au seul aéroport international du pays.
Un fragile cessez-le-feu est en vigueur au Liban depuis le 27 novembre dernier, après plus d'un an d'hostilités et deux mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah.



Ça n’est pas pour répondre aux exigences d'Israël que notre aéroport et nos ports doivent être étroitement contrôlés mais pour notre sécurité et notre souveraineté. Ce pays ne doit plus ressembler à un moulin. Les frontières, toutes les frontières devraient l’objet d’un contrôle aussi afin d’empêcher de nouveaux proxy de venir perturber notre tranquillité.
15 h 27, le 13 mars 2025