Les funérailles de l'ancien député de la Békaa-ouest, Antoine Saad (grec-orthodoxe) en l'église Notre-Dame de Rachaya, le 5 mars 2025. Photo fournie par notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah.
L’ancien député de la Békaa-ouest, Antoine Saad (grec-orthodoxe), décédé lundi à l'âge 88 ans, a été inhumé mercredi dans son village natal de Rachaya, lors de funérailles populaires, rapporte notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah. Né en 1937, Antoine Saad était membre du Rassemblement démocratique et proche de son chef, le leader druze Walid Joumblatt.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités politiques. Outre la famille et les proches, les trois pôles de l’État étaient représentés par le mohafez (gouverneur) de la Békaa, Kamal Abou Jaoudé. Le chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Teymour Joumblatt, avait délégué le député Waël Abou Faour, le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea, le député Elias Estephan, le chef du parti Kataeb Samy Gemayel, Pierre Rouhana, le commandant en chef de l’armée p.i, le général Hassan Audi, Wissam Hajj. Également parmi l’assistance figuraient un grand nombre de parlementaires et de représentants des ordres religieux, notamment.
À l’issue de l’office religieux en l’église Notre-Dame de Rachaya, le député Abou Faour a rendu hommage au disparu, rappelant « ses hautes qualités humaines », « son attachement à l’unité nationale », et « son engagement au service de la région » qu’il a représentée à deux reprises au Parlement.
Connu pour son opposition ferme au régime syrien de la famille Assad, Antoine Saad avait en effet été élu député de sa région en 2005, sur la liste de l’Alliance du 14 Mars, battant la principale figure prosyrienne de la région, l'ex vice-président du Parlement, Elie Ferzli. Il a été réélu en 2009.
Le député Abou Faour a salué l’attachement du disparu à l’armée libanaise et au Liban. Avant sa carrière politique, Antoine Saad avait intégré l’armée libanaise en 1957. Promu général en 1994, il avait pris sa retraite en 1998, avant de se lancer dans une carrière politique.
Dans ce cadre, M. Abou Faour a appelé toutes les parties à « se rassembler autour de l’État et à prendre les mesures nécessaires pour renforcer son pouvoir sur l’ensemble du territoire ».
Pour sa part, le représentant du commandant en chef de l’armée a rappelé les « importantes responsabilités » occupées par le défunt au sein de la troupe, évoquant son engagement militaire. Un mot de la famille a clôturé la cérémonie.
Antoine Saad s'était fermement opposé au général Michel Aoun, qui l’avait fait arrêter le 1er janvier 1990, à l'époque où il était chef d'un gouvernement de militaires chrétiens. Il l'accusait de préparer un coup d’État en collaboration avec les Forces libanaises. M. Saad a été relâché quatre mois plus tard sur ordre du président Elias Hraoui.


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