Un drapeau iranien. AFP
L'Iran a averti la Turquie que des propos jugés « déplacés » par Téhéran sur sa politique régionale pourraient entraîner des « tensions » entre les deux pays voisins. Lors d'un entretien diffusé fin février par la chaîne qatarie Al-Jazeera, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, était invité à commenter la politique régionale de l'Iran et son soutien à plusieurs groupes armés opposés à Israël.
Outre le Hamas dans la bande de Gaza, les rebelles houthis au Yémen et des milices en Irak, Téhéran soutient militairement et financièrement le Hezbollah, un mouvement islamiste créé en 1982 avec l'aide de la République islamique et bras armé de l'Iran au Liban.
« Si cette politique se poursuit, je ne pense pas qu'elle sera correcte », avait déclaré le chef de la diplomatie turque, accusant l'Iran de vouloir « créer le désordre » dans la région. « Les intérêts communs des deux pays et la sensibilité des conditions régionales exigent que l'on évite les propos déplacés et les analyses illusoires », a commenté dans un communiqué publié lundi soir un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, Mahmoud Heydari.
De telles déclarations « risquent d'entraîner des divergences et des tensions dans les relations bilatérales », a mis en garde ce responsable lors d'un « entretien » lundi avec l'ambassadeur de Turquie en Iran, Hicabi Kirlangic.
Plusieurs médias iraniens parlent d'une « convocation ». L'Iran et la Turquie ont des liens historiques très anciens. Mais les deux pays ont des visions différentes sur la situation régionale, en particulier sur la Syrie.
La Syrie de Bachar el-Assad a été pendant des décennies un proche allié de Téhéran et un membre clé de son « axe de la résistance », qui réunit autour de la République islamique des groupes armés unis dans leur opposition à Israël.
La Turquie a été pour sa part un soutien aux rebelles du groupe islamiste sunnite radical Hayat Tahrir al-Cham (HTC), l'ancienne branche syrienne d'Al-Qaïda, qui a renversé en décembre Bachar al-Assad.
Lundi, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a souligné lors d'un point presse « la grande importance » des relations entre son pays et la Turquie. Mais, avait-il ajouté, « ce n'est un secret pour personne qu'il existe depuis longtemps des divergences d'opinions avec la Turquie sur certains dossiers régionaux ».

