Le champion du monde soviétique d'échecs Boris Spassky (g.) serrant la main de Bobby Fischer, au début d'une partie d'échecs à l'hôtel Maestral, à Sveti Stefan, en Yougoslavie, le 2 septembre 1992. Photo AFP
Le champion du monde soviétique d'échecs Boris Spassky, notamment célèbre pour son duel perdu avec l'Américain Bobby Fischer en 1972, en pleine Guerre froide, est mort à 88 ans, a indiqué jeudi la fédération russe de cette discipline. « Une grande personnalité est partie, des générations de joueurs d'échecs ont étudié et étudient ses parties et son oeuvre. C'est une grande perte pour le pays », a indiqué le président de la Fédération russe d'échecs, Andreï Filatov, cité par l'agence TASS.
Particulièrement précoce, Boris Spassky, né en 1937 à Leningrad, aujourd'hui Saint-Pétersbourg, était devenu le 10e champion du monde des échecs en 1969, détrônant lors d'une partie acharnée un autre grand champion soviétique, Tigran Petrossian. Mais il n'avait conservé son titre que trois ans. En 1972, il joue le match qui marquera sa vie, en Islande, contre le prodige américain Bobby Fischer, une partie aux accents de confrontation géopolitique Est-Ouest immortalisée comme le « match du siècle ». Après cette défaite, Boris Spassky tombe en disgrâce. Il s'installe en 1976 en France après avoir épousé une Française d'origine russe. Il obtient la nationalité française deux ans plus tard. Il ne retrouve l'attention du public que bien des années plus tard, en 1992 en Yougoslavie, lors d'une revanche non officielle contre Bobby Fischer, qu'il perd également. Les dernières années de la vie de Boris Spassky ont été marquées par un mystérieux conflit familial et un retour en Russie dans des conditions troubles. Victime de deux attaques cérébrales en 2006 puis en 2010, il disparaît deux ans plus tard de son domicile français et se retrouve à Moscou, où il était apparu vieux et affaibli à la télévision russe, cheveux blancs et traits tirés.
Sur X, la Fédération internationale des échecs (FIDE) a rendu hommage à « l'un des joueurs les plus talentueux de sa génération ».
Un autre grand joueur d'échecs soviétique, Anatoli Karpov, célèbre pour son duel avec Garry Kasparov, a également salué jeudi la mémoire de Boris Spassky. « Il a toujours été l'une des mes principales idoles. Il y avait (le joueur cubain) Capablanca en première position et Spassky en deuxième », a indiqué M. Karpov, cité par l'agence TASS.
Garry Kasparov, exilé de Russie pour son opposition au président Vladimir Poutine, a lui réagi sur X en soulignant que Boris Spassky n'hésitait pas « à guider » des joueurs de la génération suivante « en particulier ceux qui, comme lui, ne s'intégraient pas avec aisance à la machine soviétique ». « Ses décennies de jeu dans l'élite sont souvent dans l'ombre de la perte dramatique de son titre en 1972 contre Bobby Fischer et le cirque que Fischer en avait fait », a poursuivi M. Kasparov, placé en Russie sur la liste des « agents de l'étranger ».


L'OLJ révèle le projet non définitif de déclaration d’intention entre Israël et le Liban