Le patron du renseignement israélien à l'Université de Tel-Aviv où l'unité technologique du Mossad s'est vu remettre un prix pour son rôle dans l'attaque des bipeurs du Hezbollah
« Depuis 2006, le Mossad se prépare à la troisième guerre du Liban », a déclaré son chef, David Barnea, selon plusieurs médias israéliens, dont le Haaretz.
Le patron du renseignement israélien s'exprimait en public à l'Institute for National Security Studies de l'Université de Tel-Aviv. L'unité technologique du Mossad y recevait un prix pour son rôle dans l'attaque des bipeurs et des talkies-walkies du Hezbollah, qui a été l'un des moments-clés de la guerre entre l'État hébreu et le parti chiite, du 8 octobre 2023 jusqu'au cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre dernier. Les deux premières guerres auquel David Barnea faisait référence sont l'invasion israélienne de 1982 - avant même que le Hezbollah ne soit créé - et la guerre de juillet de 2006. Il y a eu d'autres opérations militaires israéliennes plus limitées durant cette période, dont celle appelée « Raisins de la colère » en avril 1996, au cours de laquelle a eu lieu le massacre de Cana.
Ces explosions de masse simultanées d’appareils électroniques, déclenchées à distance en deux vagues les 17 et 18 septembre 2024 au Liban et en Syrie, ont fait plus de 2 931 blessés et au moins 37 morts, dont des civils. C'est dans leur sillage qu'Israël a lancé son offensive contre les forces du Hezbollah au Liban-Sud, dans la Békaa et dans la banlieue-sud de Beyrouth. Les assassinats du secrétaire général du parti et de son successeur désigné, les 27 septembre et 3 octobre, dans deux violentes frappes, ont été autant de points forts dans cette guerre. Hassan Nasrallah a été tué alors qu'il avait donné son accord à un cessez-le-feu, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était à New York pour s'exprimer devant l'Assemblée générale des Nations unies. La guerre a fait plus de 4 000 morts.
« On peut tracer une ligne claire entre les bipeurs et l'assassinat de Nasrallah, jusqu'à la signature de l'accord de cessez-le-feu », a déclaré David Barnea. Il a ajouté, sans fournir plus de détails permettant de le confirmer, que le Mossad avait compris que cette guerre avec le Liban serait « différente des autres » et accusé l'Iran d'avoir eu pour projet « d'éliminer à nouveau des Juifs à l'approche de Pourim », une fête religieuse juive qui a lieu courant mars.
« Il n'y a pas de mission plus suprême que de ramener les otages », a poursuivi David Barnea, en allusion aux 63 captifs encore détenus par le Hamas à Gaza, dont la libération est au centre des négociations de la deuxième phase du cessez-le-feu entre le mouvement palestinien et l'État hébreu. Cette guerre a été déclenchée par une offensive du Hamas le 7 octobre 2023, qui a fait un peu plus de 1 200 morts côté israélien, contre près de 50 000 morts sous les bombes israéliennes côté palestinien. David Barnea a activement participé aux négociations qui ont mené au cessez-le-feu.



« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin