Le président turc Recep Tayyip Erdogan fait un geste lors d'un discours du Parti de la justice et du développement (AKP), dans le cadre du 8e grand congrès ordinaire à l'Ankara Arena à Ankara, le 23 février 2025. Photo Adem ALTAN / AFP
Le ministère turc de l'Intérieur a annoncé lundi la suspension d'un dixième maire prokurde dans l'est du pays, accusé de « terrorisme ». Cette nouvelle accusation à l'encontre d'un maire du parti DEM, troisième force au Parlement, intervient alors que le parti conduit les négociations avec le chef du mouvement armé kurde du PKK pour sortir de la violence.
« En raison de sa condamnation à 6 ans et 3 mois de prison pour appartenance à une organisation terroriste armée (... ) Mehlet Alkan, maire du district de Kagisman dans la province de Kars a été suspendu temporairement de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur » annonce ce dernier dans un communiqué.
Sur X, le parti DEM dénonce « la guerre du gouvernement AKP contre le droit du peuple à voter et à être élu ». « Nos municipalités sont ciblées parce qu’elles servent le public et perturbent le système de corruption » accuse-t-il.
Comme pour les précédents édiles destitués, un administrateur est nommé en remplacement. Ankara a accentué récemment la pression sur les mouvements et sympathisants prokurdes accusés de « terrorisme » en même temps que se poursuit le dialogue, engagé à son initiative, avec le PKK en vue d'une trêve. Près de trois cents « membres présumés d'organisations terroristes » ont été arrêtés la semaine dernière.


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