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Dernières Infos - Organisations Internationales

Face à l'électrochoc Trump, l'ONU humanitaire promet d'être plus « légère, rapide et moins bureaucratique »


Le chef des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, lors d'une conférence de presseà Genève, en Suisse, en décembre 2024. Photo d'archives AFP

Face à l'effet « dévastateur » des coupes budgétaires auxquelles sont confrontées les agences humanitaires de l'ONU après les annonces choc de Donald Trump, elles promettent d'être « plus légères, rapides et moins bureaucratiques ».

« Le système international d'après-guerre est confronté à la plus grande épreuve depuis sa création. La communauté humanitaire est confrontée à une crise massive de financement, de moral et de légitimité », reconnaît jeudi le chef des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, dans un communiqué, ajoutant que « nous devons faire valoir à nouveau l'argument de la solidarité internationale ».

Le communiqué de M. Fletcher, qui dirige l'agence de coordination humanitaire de l'ONU (Ocha), vient après une réunion d'urgence mercredi à Genève de tous les principaux dirigeants des grandes agences humanitaires de l'ONU, santé (OMS), réfugiés (HCR), droits humains (Haut-Commissaire aux droits de l'homme), enfance (Unicef), mais aussi agriculture (FAO), alimentation (Programme alimentaire mondial) ou encore développement (PNUD). Toutes sont frappées de plein fouet, même si c'est à des degrés divers, par la décision abrupte du président américain Donald Trump de geler la quasi totalité de l'aide financière à l'étranger des Etats-Unis. Ils sont le principal donateur pour les agences onusiennes, qui souffraient déjà du manque de générosité des pays membres et autres donateurs, les forçant à faire plus avec moins face aux graves crises qui secouent la planète de Gaza au Soudan en passant par l'Ukraine, la RD Congo ou Haïti et la Birmanie.

Pour réagir et convaincre, le diplomate britannique propose d'agir simultanément sur quatre fronts : rappeler que les agences onusiennes sont là « pour sauver des vies », ensuite devenir plus efficace en trouvant de nouvelles sources de financement et en « travaillant différemment ». Il faudra aussi déléguer plus « pour être plus près des gens que nous servons » et enfin « défendre nos actions de manière plus robuste ».

Indépendants, neutres et impartiaux

Si la nouvelle administration américaine n'est jamais nommément citée, ce texte est clairement un plaidoyer à destination de Washington mais aussi des autres donateurs qui réclament eux aussi des réformes de longue date et ont tendance à serrer les cordons de la bourse.

« Nous avons convenu de rester indépendants, neutres et impartiaux. Cela ne signifie pas que nous ne choisissons pas un camp : nous sommes du côté de ceux qui en ont le plus besoin », rappelle néanmoins M. Fletcher, qui promet un « plan audacieux pour travailler beaucoup plus efficacement, réduire les doublons et la bureaucratie ». Fini les guéguerres d'influence, on jouera collectif et chacun va se concentrer sur ce qu'il sait faire le mieux, promet M. Fletcher, en partageant davantage d'informations et de données.

Plus avec moins

Faire plus avec moins d'argent ? Pour choisir « résolument » les bonnes priorités, le patron d'Ocha a demandé que l'on identifie rapidement « comment atteindre les 100 millions de personnes dans le plus grand besoin ».

Pour trouver de l'argent « nous ne pourrons pas compter sur les sources de financement traditionnelles et les gouvernements », reconnaît le Britannique. Il faut donc trouver de nouveaux partenaires, « y compris un véritable partenariat avec le secteur privé et la Banque mondiale ». Il compte aussi sur la générosité du grand public - « les milliards de personnes qui se soucient des autres » - pour combler les lacunes laissées par les gouvernements. Une idée déjà mise en pratique par une employée de l'OMS, qui a lancé une cagnotte et vise le milliard de dollars. Si elle y arrivait, cela pourrait quasiment combler le trou laissé par le désengagement des Etats-Unis. Mais pour autant, il est certain que les agences vont devoir réduire leur voilure plus qu'elle ne l'ont déjà fait.

« Là où nous arrêtons le travail, nous l'arrêterons bien en créant l'opportunité pour d'autres de reprendre la main. En ne causant aucun tort et en laissant les moyens de reprendre à plus grande échelle quand les temps seront meilleurs », veut croire Tom Fletcher.

Face à l'effet « dévastateur » des coupes budgétaires auxquelles sont confrontées les agences humanitaires de l'ONU après les annonces choc de Donald Trump, elles promettent d'être « plus légères, rapides et moins bureaucratiques ».« Le système international d'après-guerre est confronté à la plus grande épreuve depuis sa création. La communauté humanitaire est confrontée à une crise massive de financement, de moral et de légitimité », reconnaît jeudi le chef des affaires humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, dans un communiqué, ajoutant que « nous devons faire valoir à nouveau l'argument de la solidarité internationale ». Le communiqué de M. Fletcher, qui dirige l'agence de coordination humanitaire de l'ONU (Ocha), vient après une réunion d'urgence mercredi à Genève de tous...