Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea à Meerab en 2022. Photo d'archives Joseph EID / AFP
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a affirmé lundi que le gouvernement actuel est celui de « l’espoir », dont la « première mission sera de restaurer l'autorité de l'État », se réjouissant du fait qu'il s’agit selon lui du premier « véritable cabinet formé depuis longtemps », dans des messages publiés sur son compte X.
Ces publications reprennent des propos que le leader maronite a formulé à l'issue d'une réunion avec les ministres désignés par les FL dans le nouveau gouvernement - Joe Rajji, (Affaires étrangères), Joe Saddi (Énergie), Joe Issa el-Khoury (Industrie), Kamal Chéhadé (des Déplacés). Samir Geagea a annoncé avoir obtenu toutes les « garanties nécessaires » du Premier ministre Nawaf Salam, pour s'assurer qu'aucune entrave ne viendrait du ministère des Finances au travail du gouvernement.
Le portefeuille des Finances, symbolisant la fameuse « quatrième signature », a été attribué à Yassine Jaber, proche du tandem chiite (Amal-Hezbollah), à la suite de l'insistance du président du Parlement, Nabih Berry.
Pour rappel, les décrets doivent être contresignés par le président de la République, le chef du gouvernement et le ou les ministre(s) concerné(s). Or le ministère des Finances est celui qui est le plus concerné par la plupart des décrets, dans la mesure où il existe souvent un volet financier dans les actes gouvernementaux. Cette « quatrième signature » permet donc aux chiites de disposer d’un levier de contrôle (et de blocage) sérieux sur l’action du pouvoir exécutif, que leur dénient la Constitution et les règles coutumières.
Cette déclaration de M. Geagea intervient deux jours après que son parti a obtenu une généreuse part ministérielle lors de la formation du gouvernement de Nawaf Salam, survenue au Liban après plus de trois semaines de tractations politiques.
De leur côté, les Kataëb ont obtenu un seul ministère, celui de la Justice, alors qu'en revanche, les deux autres partis chrétiens, à savoir les Marada (alliés au Hezbollah) et le Courant patriotique libre (CPL, un ancien allié du parti chiite), ont tous deux été exclus du gouvernement, dans une volonté apparente de réduire autant que possible l'influence du Hezbollah au sein de l'Exécutif.
« En tant qu'État, nous devons reprendre le contrôle de nos frontières nord et est », a déclaré le leader maronite depuis Meerab, tout en ajoutant sur X qu'« il n'y a pas de place pour que les armes échappent à l'autorité exclusive de l'État. »
Par ailleurs, Samir Geagea a rejeté l'idée selon laquelle l'armée libanaise manquerait d'effectifs, la qualifiant d'« erronée ». Une réponse aux propos de membres et alliés du Hezbollah, qui pointent du doigt l'incapacité de l'institution militaire à protéger les frontières du pays et estiment que le parti chiite est indispensable à la défense du territoire libanais.
Le chef des FL a également annoncé que le cabinet devrait « entamer la mise en œuvre du plan européen et britannique », qui prévoit l'installation de tours de surveillance le long des frontières pour en assurer le contrôle, ainsi que lutter contre l’évasion fiscale, un volet « essentiel » des réformes gouvernementales. Au sujet du ministère des Déplacés, Samir Geagea a estimé que « sa modernisation s'impose afin de traiter le dossier de la reconstruction » pour superviser la reconstruction du Liban-Sud à la Békaa après la guerre qui a opposé Israël et le Hezbollah.


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