Un drapeau turc. Photo d'archives AFP
Trois journalistes travaillant pour la télévision de l'opposition turque Halk TV ont été arrêtés mardi soir à Istanbul dont sa présentatrice, a annoncé la chaîne. "La présentatrice de Halk TV, son directeur des programmes Serhan Asker et Barıs Pehlivan ont été arrêtés dans les locaux de la chaîne alors qu'ils préparaient le programme du soir", a annoncé sur X le propriétaire de Halk TV, Cafer Mahiroglu.
Halk TV (littéralement la télévision du peuple) est proche du principal parti d'opposition parlementaire, le CHP (social-démocrate). Selon le principal quotidien d'opposition, Cumhuriyet, ils sont accusés d'avoir enregistré et diffusé "une conversation avec un expert" mis en cause par le maire CHP d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, dans une enquête visant un des élus de la mégapole.
Selon M. Imamoglu, les accusations se fondent sur "un rapport d'expert inexistant". "Nous avons tendu le micro à l'expert visé par le maire Imamoglu, tout comme l'a fait (le quotidien) Yeni Safak connu pour sa proximité avec le gouvernement" a lancé le reporter Baris Pehlivan avant son arrestation.
"Mais nous, nous sommes emmenés en garde à vue" a-t-il ajouté en rappelant avoir déjà effectué "cinq séjours en prison en 22 ans de règne de l'AKP", le parti au pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan. Pour M. Imamoglu, "la loi est utilisée de manière abusive pour faire peur à tous les pans de la société".
"L'injustice est devenue une pratique ordinaire du pouvoir (..) Le fait de rendre compte de l’injustice et de l’illégalité est devenu un crime" a-t-il écrit sur X. Le président du CHP, Özgür Özel a jugé ces arrestations "inacceptables".
Le syndicat des journalistes TGS a dénoncé, dans un communiqué, "une nouvelle page honteuse dans l'histoire de la presse" en Turquie, estimant que ces arrestations sont "l’incarnation des pressions exercées sur notre profession".
"Ce pays a déjà beaucoup enduré et a traversé des temps difficiles, chaque fois il en est ressorti plus fort" a lancé sur X le propriétaire de Halk TV, M. Mahiroglu, assurant "Cette fois encore il en ira de même".
En 2024, l'organisation Reporters sans Frontières (RSF) a placé la Turquie au 158e rang sur 180 de son classement sur la liberté de la presse, soulignant que "le pluralisme des médias est plus que jamais remis en cause. Tous les moyens sont bons pour affaiblir les plus critiques".
Halk TV (littéralement la télévision du peuple) est proche du principal parti d'opposition parlementaire, le CHP (social-démocrate). Selon le principal quotidien d'opposition, Cumhuriyet, ils sont accusés d'avoir enregistré et diffusé "une conversation avec un expert" mis en cause par le maire CHP d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, dans une enquête visant un des élus de la...


« Plainte » contre l'Iran : pourquoi les Affaires étrangères ont dû mettre de l'eau dans leur vin