Le chef du parti Kataëb Sami Gemayel. Photo ANI
Le chef du parti des Kataëb, Samy Gemayel, s'est dit « surpris » dimanche soir par la déclaration publiée le même jour par le Hezbollah, selon laquelle « l’équation armée-peuple-résistance, qui protège le Liban contre la perfidie des ennemis, n’est pas un slogan, mais une réalité vécue quotidiennement par les Libanais ».
Lors d’une intervention en direct sur la chaîne al-Jadeed, le chef du parti chrétien d’opposition a vivement critiqué le timing de ce communiqué, alors que « des martyrs tombaient » au Liban-Sud ce jour-là, en allusion aux habitants qui ont tenté dimanche de réintégrer leurs villages encore occupés par l’armée israélienne. Celle-ci, initialement censée se retirer au cours du week-end, a finalement obtenu une extension de 22 jours. Au moins 24 personnes ont été tuées et 125 blessées par des tirs israéliens dimanche. « Le paysage du Sud est porteur d’espoir mais aussi empreint de tristesse en raison des morts et des blessés tombés à nouveau (…) Chaque goutte de sang versée est douloureuse. Nous avons vécu la passion des habitants du Sud, qui étaient déplacés, et certains sont retournés dans leur village malgré les avertissements », a-t-il déploré.
Concernant le fond de la déclaration, Samy Gemayel a souligné que ce qui « importe », c’est d’éviter toute « exploitation politique de la situation ». Selon lui, la priorité doit être « une victoire pour l’État et l’armée », sans instrumentalisation politique visant des gains ou des conditions avantageuses. Il a insisté sur le fait que « l’État libanais est le seul garant de la sécurité des habitants du Liban-Sud et de leur retour ».
Réitérant son soutien au nouveau binôme au pouvoir, le président Joseph Aoun, élu le 9 janvier après plus de deux ans de vide, et Nawaf Salam, Premier ministre désigné, le député a affirmé qu’il appartient aux « autorités légitimes » de gérer le retour des déplacés et d’entamer la reconstruction. Il a également dénoncé les « aventures » du Hezbollah, qui, selon lui, ont conduit à la destruction et à l’entrée de l’armée israélienne sur le territoire libanais en ouvrant un front pour soutenir son allié, le Hamas.
Samy Gemayel a rappelé que l’État doit protéger « toutes les communautés, y compris la communauté chiite », tout en appelant le tandem chiite Hezbollah-Amal à « respecter les règles, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur », notamment en ce qui concerne la mise en œuvre des résolutions internationales. Il a également proposé à Joseph Aoun d’organiser un « congrès de vérité et de réconciliation » au Liban pour surmonter la méfiance et éviter de répéter les erreurs du passé.
Malgré la désignation de Nawaf Salam comme Premier ministre il y a deux semaines et les pressions internationales, la formation d’un gouvernement reste bloquée. Cela s’explique notamment par l’insistance du tandem chiite à obtenir le ministère des Finances, un portefeuille garantissant la « quatrième signature » (celle des présidents de la République et du Conseil, ainsi que du ministre concerné). Samy Gemayel a dénoncé cette volonté de « maintenir certains privilèges », particulièrement lorsqu’ils ont été obtenus par « la force des armes », ce qui, selon lui, entrave la formation du gouvernement.


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