Un Palestinien assis sur les ruines de sa maison détruite, dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, le 20 janvier 2025. Photo REUTERS/Mahmoud Issa
L'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza réduit les risques pour les finances publiques d'Israël et « pourrait améliorer sa note de crédit souveraine », a rapporté l'agence de notation Moody's Ratings mardi.
Le cessez-le-feu, s'il est respecté, « réduit également le risque d'escalade » du conflit impliquant l'Iran, ce qui aurait des répercussions sur les prix de l'énergie et les chaînes d'approvisionnement mondiales en raison de la perturbation du transport maritime en mer Rouge, a indiqué l'agence dans son rapport.
La note d'Israël n'avait jamais été abaissée avant l'année dernière, mais le coût élevé des 15 derniers mois de combat à Gaza et au Liban l'a fait chuter à plusieurs reprises par les principales agences de notation telles que Moody's, S&P Global et Fitch.
« Pour Israël, la mise en œuvre effective de l'accord de cessez-le-feu et des progrès supplémentaires vers une désescalade durable des hostilités à Gaza réduiraient les risques de dégradation de la solidité du crédit de l'État souverain », a déclaré Christian Fang, analyste chez Moody's.
La semaine dernière, le principal analyste de l'agence de notation Fitch avait également déclaré qu'un cessez-le-feu dans la guerre à Gaza devrait être positif pour la note de crédit d'Israël, qui est sous pression.
Moody's avait abaissé de deux crans la note de crédit d'Israël, la faisant passer de « A2 » à « Baa1 » en septembre, et a maintenu une perspective négative, citant l'escalade du conflit dans la région avec le Hezbollah. Israël a conclu en novembre 2023 un accord de cessez-le-feu avec le parti chiite.
Un cessez-le-feu à Gaza aiderait à maintenir l'accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah, a déclaré M. Fang. « Les conflits militaires d'Israël avec le Hamas et le Hezbollah ont engendré des coûts économiques et fiscaux », a-t-il ajouté.
La première phase du cessez-le-feu avec Gaza est entrée en vigueur dimanche, ce qui a permis la libération de trois des 33 otages détenus par le Hamas depuis son attaque du 7 octobre 2023 contre l’État hébreu. Quelque 94 otages sont toujours détenus à Gaza. Israël a également commencé à libérer des prisonniers palestiniens dans le cadre de l'accord. La première phase durera 42 jours et des négociations sont encore nécessaires pour parvenir à une cessation permanente des hostilités qui réduirait les tensions géopolitiques.
« S'il est respecté et que de nouveaux progrès sont réalisés, l'accord de cessez-le-feu réduirait les risques de dégradation pour l'économie et les finances publiques d'Israël », a souligné Moody's.
Israël a enregistré un déficit budgétaire de 6,9 % du produit intérieur brut en 2024, en raison de l'augmentation des dépenses de défense pour financer les conflits militaires. Le budget 2025, qui doit encore être approuvé, vise un déficit de 4,4 % du PIB, bien que de nombreux économistes considèrent ce chiffre comme optimiste et qu'un fonctionnaire du ministère des Finances ait déclaré la semaine dernière qu'il pourrait atteindre 5 %.


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