Quartier bancaire à Francfort-sur-le-Main, dans l'ouest de l'Allemagne, le 13 janvier 2025. Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
L'Allemagne s’enfonce dans le doute après une deuxième année consécutive de récession, traduction du marasme industriel de la première économie européenne qui cherche en vain des motifs d'espoir, en pleine période d'incertitude politique. L'activité économique s'est contractée de 0,2% l'an dernier, selon une première estimation mercredi de l'institut Destatis, en ligne avec les prévisions pessimistes du gouvernement et des experts. En 2023, le PIB avait déjà reculé de 0,3%, plombé par la hausse des coûts de l'énergie consécutive à la guerre russe en Ukraine.
L'ancienne locomotive de la zone euro ne doit pas compter sur une reprise rapide, préviennent les économistes : « Tout porte à croire que 2025 sera la troisième année consécutive de récession », selon Jens-Oliver Niklasch de la banque LBBW.
En cause notamment : la perspective d'une guerre commerciale avec les Etats-Unis de Donald Trump, premier débouché des exportations allemandes. Alors même que l'Allemagne ne pourra pas se doter d'un nouveau gouvernement d'ici plusieurs mois, compte-tenu des négociations qui suivront les élections législatives du 23 février.
Débâcle industrielle
L'Allemagne s'installe durablement en queue de peloton de la zone euro, seule parmi les grands pays européens à avoir enregistré une baisse de son PIB en 2024 par rapport à 2019, avant la crise du Covid, note Ruth Brand, présidente de Destatis. Une double récession n'était plus arrivée en Allemagne depuis le début des années 2000, période où le pays, affaibli par le coûts de la réunification, était surnommé « l'homme malade de l'Europe ».
Comme à l'époque, des difficultés conjoncturelles se superposent à des problèmes structurels : l'industrie allemande ne s'est pas remise de la hausse des coûts de l'énergie élevés consécutive à l'invasion russe de l'Ukraine et souffre d'une réduction de ses débouchés en Chine. S'y ajoutent les coûts de la décarbonation de l'économie, le vieillissement démographique, le poids de la bureaucratie, des infrastructures vétustes.
« L'économie allemande traverse la plus grande crise de l'après-guerre. La pandémie, la crise énergétique et l'inflation ont en moyenne appauvri les Allemands », estimait en décembre Bert Rürup, président de l'institut de recherche du quotidien Handelsblatt.
Cette crise s'illustre avant tout dans les difficultés persistantes de l'industrie manufacturière, dont la performance a reculé de 3% l'an dernier, selon Destatis. L'année 2024 a été rythmée par les annonces de plans sociaux dans l'industrie, grands groupes comme petites entreprises se débattant avec des coûts élevés et le recul de la demande. Symbole de la débâcle du pays de l'automobile : Volkswagen va supprimer 35.000 emplois en Allemagne d'ici 2030 et réduire sa production.
Une aubaine pour la Chine, qui grignote des « parts de marché significatives », notamment dans l'automobile, la chimie et les machines, a averti la Bundesbank. Si bien que « les exportations allemandes ont baissé malgré l'augmentation globale du commerce mondial en 2024 », selon Ruth Brand.
« Regain de confiance »
Outre le risque d'une hausse de droits de douane américains sous la présidence de Donald Trump, les menaces de rétorsion chinoises sur les surtaxes imposées par l'UE aux véhicules électriques de ce pays, assombrissent les perspectives.
En 2024, l'éclaircie devait venir du côté de la consommation privée, avec le recul durable de l'inflation. Mais d'après Ruth Brand, « les ménages se sont abstenus d'acheter malgré la hausse de leurs revenus », en proie à l'incertitude.
Le marché du travail, traditionnellement robuste, montre aussi des signes d’affaiblissement, alors que le pays vieillissant fait face à une pénurie de main d’œuvre. Le redressement économique est la priorité affichée des candidats au scrutin de février, pour lequel les conservateurs de la CDU sont favoris sur le chancelier sortant, le social-démocrate Olaf Scholz.
Carsten Brzeski, de la banque ING, espère « un regain de confiance et de croissance en Allemagne » avec un gouvernement qui privilégie « réformes structurelles, investissements et une politique fiscale plus souple ». Rare bonne nouvelle : le déficit public allemand s'est maintenu à 2,6% du PIB en 2024, toujours en dessous de la moyenne de l'UE estimée à 3,1%.
L'Allemagne s’enfonce dans le doute après une deuxième année consécutive de récession, traduction du marasme industriel de la première économie européenne qui cherche en vain des motifs d'espoir, en pleine période d'incertitude politique. L'activité économique s'est contractée de 0,2% l'an dernier, selon une première estimation mercredi de l'institut Destatis, en ligne avec les prévisions pessimistes du gouvernement et des experts. En 2023, le PIB avait déjà reculé de 0,3%, plombé par la hausse des coûts de l'énergie consécutive à la guerre russe en Ukraine.L'ancienne locomotive de la zone euro ne doit pas compter sur une reprise rapide, préviennent les économistes : « Tout porte à croire que 2025 sera la troisième année consécutive de récession », selon Jens-Oliver Niklasch de la...


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