Le Parlement libanais doit se réunir jeudi pour élire un président de la République dans un pays sans chef d'Etat depuis plus de deux ans et plongé dans une profonde crise économique et financière.
Cette séance, qui débutera à 11H00 (09H00 GMT), se tiendra alors qu'un acteur incontournable de la scène politique, le Hezbollah, est sorti affaibli de deux mois de guerre avec Israël et de la chute du président syrien Bachar al-Assad, dont il était l'allié.
Le général Joseph Aoun, commandant de l'armée libanaise, semble désormais être le plus à même de remporter l'élection, bénéficiant notamment du soutien de plusieurs pays régionaux et internationaux, dont les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, d'après des responsables politiques libanais.
Des analystes estiment que le rôle-clef de l'armée dans la mise en œuvre du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, entré en vigueur le 27 novembre, a été un facteur déterminant pour l'ascension de Joseph Aoun vers la présidence.
Depuis la fin du mandat du président sortant, Michel Aoun (sans lien de parenté avec Joseph), en octobre 2022, le Parlement a échoué à élire un président, les détracteurs du Hezbollah l'accusant d'avoir bloqué l'élection en voulant imposer son candidat, Sleimane Frangié.
Ce proche de M. Assad a annoncé mercredi son retrait en faveur du commandant de l'armée.
Les réunions et consultations entre les forces politiques se sont multipliées ces dernières heures dans le but de parvenir à un consensus concernant le général Aoun.
Elles ont également eu lieu sous une pression internationale accrue.
Depuis le début de la semaine, les émissaires américain Amos Hochstein, saoudien Yazid ben Farhane et français Jean-Yves Le Drian ont eu des rencontres séparées avec des députés et des personnalités politiques libanaises.
Des députés ayant rencontré M. Hochstein et M. ben Farhane ont affirmé que Washington et Ryad soutenaient la candidature de Joseph Aoun.
Jean-Yves Le Drian doit assister jeudi au vote à l'invitation du président du Parlement, Nabih Berri.
- "Nous aurons un président" -
Le Premier ministre par intérim, Najib Mikati, s'est montré mercredi optimiste. "Pour la première fois, depuis la vacance présidentielle, je ressens de la joie car, si Dieu le veut, nous aurons (…) un nouveau président de la République", a-t-il lancé.
Si Joseph Aoun devait être élu, le Constitution devrait être amendée car elle interdit l'élection de hauts fonctionnaires en poste ou ayant exercé leur fonction au cours des deux dernières années, ce qui est le cas du chef de l'armée.
En vertu du système confessionnel de partage du pouvoir, la présidence du Liban est réservée à un chrétien maronite.
Cette élection se tient après qu'Israël a infligé un sérieux revers au Hezbollah lors des deux mois de conflit, tuant notamment son chef Hassan Nasrallah.
L'accord de cessez-le-feu prévoit le retrait de l'armée israélienne des zones qu'elle a occupées dans le sud du Liban pendant la guerre, avec le déploiement de l'armée libanaise le long de la frontière sud.
Le Hezbollah doit retirer ses troupes au nord du fleuve Litani et démanteler toute infrastructure militaire dans la région.
Les Etats-Unis, la France et l'ONU supervisent le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu.
Le nouveau cabinet devra obtenir la confiance de la communauté internationale et mettre en œuvre des réformes urgentes, destinées à relancer l'économie et à reconstruire les zones dévastées dans le sud, après plus de cinq années de crise économique sans précédent et une guerre meurtrière ayant coûté plus de cinq milliards de dollars au Liban.
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© Agence France-Presse
Cette séance, qui débutera à 11H00 (09H00 GMT), se tiendra alors qu'un acteur incontournable de la scène politique, le Hezbollah, est sorti affaibli de deux mois de guerre avec Israël et de la chute du président syrien Bachar al-Assad, dont il était l'allié.
Le général Joseph Aoun, commandant de l'armée libanaise, semble désormais être le plus à même de remporter l'élection, bénéficiant notamment du soutien de plusieurs pays régionaux et internationaux, dont les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, d'après des responsables politiques libanais.
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