Photo du journaliste français indépendant Sylvain Mercadier publiée sur les réseaux sociaux.
Un journaliste français indépendant, Sylvain Mercadier, et un avocat syrien, Mohammad Fayad, ont été libérés après avoir été arrêtés mercredi par l’armée israélienne lors d’un reportage dans le Golan syrien occupé, a affirmé un diplomate français. D'après ses confrères, qui ont été nombreux à réagir et à demander sa libération sur les réseaux sociaux, le journaliste a été violemment appréhendé par les troupes israéliennes « alors qu'il couvrait l'avancée d'Israël en territoire syrien à Al-Hamidiyah, dans la périphérie de Qouneitra ».
« Ils ne sont ni des membres du Hamas, ni du Hezbollah, ni du HTC (Hay'at Tahrir el-Cham, le groupe rebelle islamiste qui a mené l'offensive contre Bachar el-Assad, ndlr). Israël étant un pays dit +démocratique+, ils doivent être libérés vite », a écrit sur X le journaliste Quentin Muller, responsable du service international du média français Marianne, avec lequel Sylvain Mercadier collabore.
Il précise que la rédaction de Marianne est « sans nouvelle » du journaliste et de son accompagnateur, tandis que des témoins affirment qu’ils auraient été « battus, menottés et les yeux bandés avant d’être emmenés on ne sait où ». Son matériel électronique aurait également été saisi.
« Nous avons signalé l'arrestation d'un reporter français dans la zone de séparation entre la Syrie et Israël. Cette personne s'est approchée plusieurs fois des soldats », a de son côté affirmé un porte-parole de l'armée israélienne, Nadav Shoshani. « Aujourd'hui, il s'en est encore approché de très près. Les soldats l'ont emmené brièvement et l'ont ensuite relâché après avoir compris qu'il ne représentait pas une menace. Il n'est pas actuellement en garde à vue, il n'est pas détenu, il n'a été emmené nulle part, pas plus que son équipement ».
« Maltraité »
Annonçant sa libération, M. Mercadier a décrit son arrestation en détail en début de soirée mercredi sur le même réseau social. Il dit avoir été « maltraité pendant plus de quatre heures » avec son collaborateur, Mohammed Fayad, et ajoute que son matériel a été « volé » par l'armée israélienne. « Lorsque l'armée nous a ordonné d'arrêter de filmer, nous nous sommes arrêtés. Lorsqu'ils ont fouillé la voiture, nous les avons laissés faire », déclare-t-il, « mais lorsqu'ils ont voulu confisquer un ordinateur portable qui se trouvait dans la voiture, Mohammed a protesté et a été immédiatement arrêté ». « J'ai moi-même commencé à protester contre ce comportement absurde et nous avons été arrêtés tous les deux », ajoute-t-il.
Quelques jours plus tôt, Sylvain Mercadier avait publié dans les colonnes de Marianne un reportage rapportant que l'armée israélienne est sortie du plateau du Golan et avait commencé à envahir des villages syriens en « occupant des maisons, brutalisant la population, brûlant même des Corans et hissant des drapeaux israéliens ».
Le 8 décembre 2024, jour de la chute du président syrien Bachar el-Assad, l'armée israélienne avait annoncé s'être déployée dans la zone tampon démilitarisée du Golan, dans le sud-ouest de la Syrie, à la lisière de la partie de ce plateau occupé par Israël depuis 1967 et annexé en 1981.


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03 h 47, le 09 janvier 2025