Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, lors d'un discours télévisé le 14 décembre 2024. Photo al-Manar / via Reuters
Après que le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a appelé mercredi l'État libanais à « faire ses preuves » pour faire face, politiquement, à Israël, le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, lui a rétorqué que le parti chiite « a la majorité au sein du gouvernement » et doit donc prendre lui-même la « position adéquate ».
Dans une prise de parole via vidéo lors d'une conférence à Téhéran, Naïm Kassem avait dénoncé « l'agression israélienne massive » lancée le 23 septembre, quelques jours après les explosions de bipeurs du Hezbollah et marquée, dès sa première semaine, par l'élimination de Hassan Nasrallah. Cette « campagne meurtrière a affaibli les capacités de la résistance, attaqué des civils et tué des femmes et des enfants », a souligné le chef du parti chiite. Il a toutefois salué le fait qu'un « élan populaire » s'est organisé autour de la « résistance », le nom que se donne le Hezbollah, qui a eu un « impact significatif ». Estimant que c'est cet élan qui a permis d'obtenir la conclusion de l'accord de cessez-le-feu, qui est entré en vigueur le 27 novembre, il a déclaré que désormais l'État libanais est « directement responsable » du suivi de l'application de l'accord. « Cette nouvelle phase, la période post-accord, impose à l’État libanais, aux pays garants et au comité de suivi de cet accord de faire en sorte qu’Israël quitte le Liban », a-t-il souligné, rappelant que l'Etat hébreu continue de violer les dispositions du cessez-le-feu avec « des centaines d'attaques ».
Intensifier la pression politique
« Le Hezbollah a décidé de donner une chance à l’État et de lui laisser assumer ses responsabilités », a poursuivi le chef du Hezbollah, disant considérer que « toute attaque » israélienne est « dirigée contre l’État, contre la communauté internationale et contre les garants de l'accord. C’est leur responsabilité, et ils doivent l’assumer pleinement », a-t-il insisté. « Durant cette période, nous patientons et ne voulons pas entreprendre d’actions qui nous obligeraient à endosser une responsabilité directe pour des événements qui devraient être pris en charge collectivement », a-t-il déclaré.
Le Hezbollah avait tiré, le 8 octobre 2023, au lendemain de l'attaque du Hamas et du début de l'offensive meurtrière de l'armée israélienne sur Gaza, les premiers obus en direction d'Israël, ouvrant un « front de soutien » à l'enclave palestinienne.
Il a estimé nécessaire « d'intensifier la pression politique » pour mettre un terme aux mouvements israéliens au Liban-Sud et aux frappes ayant tué au moins 36 personnes depuis fin novembre. Naïm Kassem a souligné que si « grâce à la résistance », Israël n'a pas pu avancer dans la région frontalière, où le parti chiite a notamment affronté l'armée israélienne de façon violente dans plusieurs villages, comme Khiam et Chamaa, « c'est maintenant l'occasion pour l'Etat libanais de faire ses preuves et se positionner sur le terrain politique ».
La position adéquate
En réaction à ces déclarations du chef du Hezbollah, Samir Geagea a répondu sur X jeudi matin : « Cheikh Naïm, l'État, c'est vous désormais ». « Vous avez une large majorité au sein du gouvernement, alors prenez la position adéquate », a-t-il ajouté. Le week-end dernier, M. Geagea avait déjà estimé que faire respecter l'accord de cessez-le-feu est une « responsabilité du gouvernement » sortant de Nagib Mikati, « contrôlé par le Hezbollah ».
Le Hezbollah et ses alliés, le mouvement Amal, les Marada et le Parti social nationaliste syrien, comptent huit ministres au sein du gouvernement sortant, sur un total de 24. Les 16 autre ministères sont détenus, à part égale, par huit ministres proches du camp l'ex-président Michel Aoun et de son parti le Courant patriotique libre, ex-allié du Hezbollah, et par huit ministres sunnites et du Parti socialiste progressiste, joumblattiste.



Il est planqué en Iran et nous donne des leçons de moral et de gestion, lui qui avec ses acolytes par leurs comportements irresponsables ont mené le pays au désastre. La meilleure chose qui lui reste à faire c'est de se la fermer une bonne fois pour toute.
20 h 42, le 03 janvier 2025