De gauche à droite, Abdel Halim Caracalla, Ziad Makari, Cathy Chami, Bachir Khodr, Pascale Saad et Nayla de Freige. Photo DR
Une initiative pour la ville de Baalbeck et son célèbre site archéologique a été lancée jeudi, au siège de l’École supérieure des affaires (ESA) à Beyrouth, par l’association Green Cedars Lebanon. Cette initiative, parrainée par le mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir
Khodr, consiste dans la vente d’un coffret portant le label « Patrimoine de Baalbeck » et contenant des reproductions d’œuvres originales de différents photographes et peintres libanais connus, dont les bénéfices iront à la réhabilitation des alentours des temples, gravement endommagés durant la récente guerre entre Israël et le Hezbollah.
La ville de Baalbeck, tout comme l’ensemble du mohafazat de Baalbeck-Hermel, était une des régions particulièrement ciblées par l’aviation israélienne au cours des deux mois de guerre intense, entre fin septembre et fin novembre. La ville est considérée comme l’un des fiefs du Hezbollah, mais elle n’en comporte pas moins l’un des sites archéologiques majeurs du pays, dont un des temples romains les mieux préservés au monde. Les raids se sont dangereusement rapprochés du site et ont même détruit une maison patrimoniale connue dans les environs, endommageant le célèbre hôtel Palmyra qui donne sur les temples ainsi que deux murailles d’enceinte juxtaposées.
Suite aux tollés national et mondial autour de Baalbeck et d’autres sites en danger, qui a suivi une lettre ouverte du Festival de Baalbeck, et à l’appel du ministère libanais de la Culture et de 100 députés, l’Unesco a décidé le 18 novembre 2024 de placer « sous protection renforcée provisoire 34 sites culturels au Liban », menacés par les bombardements israéliens. Ces sites ont ainsi bénéficié « du plus haut niveau d’immunité contre les attaques et les utilisations à des fins militaires », selon le communiqué de l’ONU dédiée à la science, la culture et l’éducation.
Pascale Saad, présidente de Green Cedar Lebanon, a officiellement lancé jeudi le « Coffret pour le patrimoine de Baalbeck », précisant que « les recettes de cette exposition seront consacrées à la réhabilitation de la zone environnante de la citadelle de Baalbeck ». Elle a décrit l’émotion ressentie à chaque raid sur Baalbeck et le soulagement de voir que « les colonnes de la citadelle sont restées fières et résistantes ». « Cependant, les alentours de la citadelle ont subi des dégâts importants », a-t-elle poursuivi.
Les efforts en vue d’obtenir cette protection de l’Unesco ont été au centre de l’intervention de la présidente du festival de Baalbeck, Nayla De Freige. Celle-ci a mentionné les efforts conjoints entre l’ambassadeur du Liban à l’Unesco, Moustapha Adib, la principale institution concernée, la direction générale des Antiquités avec le ministère de la Culture, qui a préparé la liste des 34 sites à protéger, et la société civile, soutenue par les efforts déployés par le Festival de Baalbeck qui a lancé un appel à la Conscience Universelle, ayant récolté 350 signatures de par le monde. Une initiative conjointe qui a porté ses fruits, puisque l’Unesco a décidé de mettre les 34 sites libanais sous protection renforcée, à l’unanimité, dès le 18 novembre 2024, toujours selon Mme De Freige.
Le mohafez de Baalbeck-Hermel, Bachir Khodr, a abordé en détail la protection du site et les actions menées sur le terrain durant le conflit. « Nous avions bien fouillé le site pour nous assurer qu’il ne contenait rien de militaire, en vue d’ôter tout prétexte à l’ennemi de le cibler », a-t-il dit. « Cette citadelle a résisté à tous les séismes au cours des ans, personne n’en éteindra le rayonnement », a-t-il affirmé.
Pour sa part, le ministre de l’Information Ziad Makari a insisté sur « la résilience du peuple libanais ». « J’ai une conviction que nous avons vécu là notre dernière guerre et que nous devons être unis dans la construction d’un Liban nouveau », a-t-il dit.
Maxence Druault, directeur de l’ESA, a rappelé que cette grande école « se bat aux côtés de celles et ceux qui partagent une vision d’espoir et de renouveau pour le Liban », se disant « fier » de se tenir aux côtés des auteurs de cette initiative.
Les artistes dont les œuvres se trouvent en reproduction dans le coffret sont Oussama Baalbaki, Mazen Rifaï, Hassan Jouni, Raouf Rifaï, Roger Moukarzel, Nada Karam, Clara Gebran et Fadia
Ahmad. L’événement a été organisé en partenariat avec l’association de Philippe Jabre et en présence notamment du grand chorégraphe libanais Abdel Halim Caracalla, dont le nom est intimement lié à la citadelle. Les coffrets se trouvent au café Chez Ginette à Gemmayzé, Beyrouth. Il est également possible de contacter Pascale Saad au 961-3-039063.

