Des manifestants anti-gouvernementaux protestent dans le centre de Tbilissi le 17 décembre 2024. Photo AFP / GIORGI ARJEVANIDZE
Le Royaume-Uni a annoncé jeudi des sanctions contre le ministre géorgien de l'Intérieur, Vakhtang Gomelauri, son vice-ministre et trois chefs de la police pour « violation des droits humains » au cours de la « brutale » répression des récentes manifestations pro-UE.
« Les violences choquantes infligées aux manifestants, aux chefs de l'opposition et aux journalistes sont des attaques flagrantes contre la démocratie et le droit du peuple géorgien à exercer ses libertés fondamentales », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy, cité dans un communiqué.
Outre le ministre de l'Intérieur, Londres a sanctionné son vice-ministre Alexandre Darakhvelidze, le directeur de la police de Tbilissi Sulkhan Tamazachvili et deux hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, Zviad Kharazichvili et Mileri Lagazaouri.
Du fait de ces sanctions, décidées selon le communiqué en coopération avec les Etats-Unis, ils font désormais l'objet d'une interdiction de se rendre sur le territoire britannique et d'un gel de leurs actifs, qui empêche notamment tout citoyen ou entité du Royaume-Uni d'avoir des relations financières ou commerciales avec eux.
Selon Londres, ces cinq dirigeants sont « responsables des violentes attaques contre des journalistes et des manifestants pacifiques » pendant les manifestations pro-UE qui ont lieu dans leur pays depuis plus d'un mois.
Elles ont été provoquées par la décision du gouvernement du parti au pouvoir, Rêve géorgien, de suspendre jusqu'en 2028 toute négociation d'adhésion à l'Union européenne.
L'opposition accuse également ce parti d'avoir truqué les élections législatives qui se sont déroulées fin octobre et auxquelles il a revendiqué la victoire.
Début décembre, le gouvernement britannique avait annoncé suspendre « tout programme de soutien » au gouvernement géorgien et restreindre sa coopération militaire avec Tbilissi ainsi que ses relations avec les représentants du gouvernement géorgien.
Lundi, les Etats-Unis avaient annoncé préparer de nouvelles sanctions contre la Géorgie, tandis que l'Union européenne n'a pas pris de sanctions pour le moment, faute d'unanimité parmi les 27.


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