Le chef des Kataëb Samy Gemayel. Photo publiée sur le site du parti
Le bureau politique des Kataëb, parti chrétien d'opposition et adversaire du Hezbollah, a publié mardi un communiqué dans lequel il affirme que la chute du régime Assad en Syrie, survenue le 8 décembre dernier à la suite d'une offensive-éclair des rebelles, devrait être l'occasion d'enquêter sur les « crimes commis contre le Liban ». La Syrie, sous les régimes de Hafez el-Assad puis de son fils Bachar, a occupé le Liban de 1990 à 2005 et y a exercé une influence considérable pendant des décennies.
« Le changement en Syrie doit permettre de rouvrir les dossiers des crimes commis contre le Liban et les Libanais, d'obtenir les informations nécessaires par le biais d'agences, de délégués et de comités, afin d'engager les procédures requises et de restaurer les droits perdus depuis des décennies », souligne le communiqué.
Les Kataëb insistent également sur la nécessité d'établir des relations bilatérales équilibrées entre le Liban et la Syrie. Ils appellent à la dissolution du Conseil supérieur libano-syrien, la limitation des relations diplomatiques entre les deux pays aux seules ambassades officielles conformément à la Convention de Vienne, et l'interdiction de toute initiative parallèle en dehors des cadres constitutionnels et diplomatiques.
Concernant les rapports évoquant « l'infiltration de dirigeants syriens recherchés au Liban », le parti demande une surveillance rigoureuse des passages frontaliers illégaux par les agences de sécurité compétentes. Les Kataëb ont dans ce cadre réagi aux informations selon lesquelles l'Aéroport international de Beyrouth aurait été utilisé comme « point de passage pour certains dirigeants syriens du régime Assad déchu ». Ils réclament un contrôle strict des mouvements d'entrée et de sortie via l'AIB, afin de prévenir tout usage inapproprié de cette infrastructure stratégique.

