Un enfant Palestinien rescapé d'une frappe israélienne dans le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 12 décembre 2024. REUTERS/Khamis Said
La Défense civile de Gaza a indiqué qu'une série de frappes israéliennes jeudi avaient fait au moins 58 morts dans la bande de Gaza parmi lesquels 12 agents chargés de sécuriser des camions d'aide dans le territoire palestinien dévasté par plus de 14 mois de guerre.
Les premiers bombardements sont intervenus quelques heures après l'appel de l'Assemblée générale de l'ONU à New York à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel dans la bande de Gaza, un appel symbolique rejeté par Israël et les Etats-Unis, mais jugé « crucial » par l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
Tôt jeudi matin, sept agents de sécurité ont été tués dans une frappe à Rafah, cinq autres dans une frappe à Khan Younès, deux villes du sud du territoire, a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Défense civile de Gaza, Mahmoud Bassal. « Les camions transportant de la farine étaient en route pour des entrepôts de l'Unrwa », a-t-il dit. Des témoins ont ensuite affirmé à l'AFP que plusieurs habitants de ces zones avaient pillé la farine du convoi après les frappes.
L'armée israélienne a affirmé dans un communiqué avoir mené « des frappes précises sur des terroristes armés du Hamas » dans le sud de Gaza, et ce afin d' « assurer l'acheminement en toute sécurité de l'aide humanitaire aux civils ». En fin d'après-midi, l'armée a publié un nouvel appel à évacuer concernant cinq « zones » dans la ville de Gaza, au nord, d' « où des hommes armés opèrent », selon elle.
Dans d'autres frappes tôt jeudi, des avions de chasse israéliens ont pris pour cible deux maisons près du camp de réfugiés de Nousseirat (centre) et dans la ville de Gaza, a indiqué M. Bassal. « Quinze morts parmi lesquels au moins six enfants et plus de 17 blessés ont été retrouvés à la suite du bombardement israélien » d'un bâtiment abritant des personnes déplacées près de Nousseirat, a-t-il dit. Les corps de six autres personnes tuées dans la frappe sur un appartement de Gaza-ville ont été transportés à l'hôpital, ainsi que de nombreux blessés.
« Incident grave »
Dans la soirée, M. Bassal a déclaré à l'AFP qu'une frappe avait visé une maison du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, dans laquelle se trouvaient de nombreux déplacés. « Il y a au moins 25 martyrs et 50 blessés », a-t-il dit.
Depuis plusieurs semaines, l'armée israélienne mène une opération dans le nord de la bande de Gaza, visant selon elle à empêcher un regroupement du Hamas.
Dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 22 personnes parmi lesquelles des femmes et enfants ont été tuées dans une autre frappe israélienne dans le nord, selon la Défense civile.
A Deir el-Balah, dans le centre, un témoin, Bassam Al-Habasha, a aussi fait part jeudi à l'AFP d'une frappe israélienne dans la nuit dans laquelle il a perdu des proches. Selon lui, « toute la famille a été anéantie. Deux petites filles ont survécu, dont l'une a été amputée d'une jambe ». « Nous appelons les peuples libres du monde (...) à mettre fin à ces massacres quotidiens », implore-t-il.
L'ONU décrit une situation humanitaire et sanitaire « catastrophique » dans la bande de Gaza depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du groupe islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien, le 7 octobre 2023.
Mardi, l'Unrwa a annoncé être parvenu à livrer de la nourriture à « près de 200.000 personnes dans le sud et le centre » du territoire, « en reprenant l'acheminement par le point de passage de Kerem Shalom », suspendu depuis fin novembre. Mais jeudi, elle a déclaré qu'un « incident grave » avait fait qu'un seul camion sur un convoi de 70 circulant le long de la frontière sud de la bande de Gaza était arrivé à destination. L'agence n'a pas fourni de détails sur l'incident mais a appelé « toutes les parties à garantir des livraisons d'aide sûres, sans entrave ni interruption ».
L'attaque du Hamas du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.208 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles et incluant les otages morts ou tués en captivité dans la bande de Gaza. L'offensive israélienne a fait 44.835 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon les dernières données jeudi du ministère de la Santé du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l'ONU.


