Le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme et la lutte antiterroriste, Ben Saul, lors d'une conférence de presse à Genève le 11 décembre 2024. Photo Fabrice COFFRINI / AFP
Les frappes israliennes en Syrie sont sans fondement au regard du droit international, ont affirmé mercredi des experts de l'ONU, affirmant que le désarmement « préventif » ouvre la porte au « chaos mondial ».
« Il n'y a absolument aucun fondement au regard du droit international pour désarmer de manière préventive ou anticipée un pays que l'on n'aime pas », a affirmé le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme et la lutte antiterroriste, Ben Saul, lors d'une conférence de presse à Genève.
« Si c'était le cas, ce serait la porte ouverte au chaos mondial, car de nombreux pays ont des adversaires qu'ils aimeraient voir désarmés », a-t-il ajouté.
« Vous ne pouvez pas suivre votre ennemi où qu'il se trouve dans le monde, et le bombarder », a insisté l'Australien, spécialiste du droit international humanitaire et du droit onusien.
L'expert, qui comme les autres rapporteurs est mandaté par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais ne s'exprime pas au nom de l'organisation, a indiqué que la situation avec le Liban, où Israël mène également des frappes depuis plusieurs mois, est « différente » car « il s'agit d'un conflit ouvert ».
Après la chute du président syrien Bachar el-Assad, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré nul l'accord de cessez-le-feu conclu en 1974 avec la Syrie et ordonné le déploiement de troupes dans la zone tampon à la lisière de la partie du plateau du Golan occupée et annexée par Israël.
Pendant des décennies, la Syrie a été un proche allié de Téhéran et la clé de voûte du pont terrestre entre l'Iran et le Hezbollah, le membre le plus redoutable de son « axe de la résistance » anti-israélien, par lequel les armes et les combattants pouvaient transiter.
Ces derniers jours, l'armée israélienne a mené des centaines de frappes sur le territoire de son voisin, ciblant aussi bien des entrepôts d'armes chimiques que les défenses aériennes de la marine syrienne.
« C'est totalement illégal. Il n'y a absolument aucun fondement dans le droit international pour faire cela, mais c'est dans la continuité de ce qu'Israël a fait en Syrie depuis au moins une décennie », a relevé Ben Saul.
A ses côtés, le rapporteur spécial de l'ONU sur la promotion de l'ordre démocratique et équitable, George Katrougalos, a lui aussi souligné que l'action d'Israël en Syrie « fait partie d'un schéma ».
« C'est un autre cas du non respect de la loi dont Israël fait preuve dans la région : des attaques non précédées de provocation contre un Etat souverain », a assuré ce professeur de droit public ancien ministre des Affaires étrangères grec.
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