Des Yéménites brandissent des fusils et scandent des slogans lors d'une manifestation de solidarité avec la population de Gaza dans la capitale Sanaa, contrôlée par les houthis, le 6 décembre 2024. Photo Mohammed HUWAIS / AFP
Le Yémen, pris dans une guerre civile sanglante depuis dix ans, ne peut pas attendre indéfiniment la paix, a déclaré l'envoyé spécial de l'ONU, Hans Grundberg, dans un entretien à l'AFP. Il est "encore possible" de régler le conflit dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, insiste-t-il, même si les crises générées dans la région par la guerre entre Israël et le Hamas palestinien dans la bande de Gaza ont compliqué les efforts destinés à trouver une solution au Yémen.
La guerre au Yémen a fait depuis 2014 des centaines de milliers de morts et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde.
Venus du nord du Yémen et soutenus par l'Iran, les houthis ont pris en 2014 le contrôle de la capitale Sanaa puis une bonne partie du nord du pays. Pour soutenir le gouvernement, l'Arabie saoudite voisine est intervenue l'année suivante à la tête d'une coalition militaire qui a tenté en vain de déloger les rebelles.
Un cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'ONU en avril 2022 a permis de calmer les combats et, en décembre de l'année dernière, les parties belligérantes se sont engagées dans un processus de paix.
Bien que les discussions préparatoires de paix se poursuivent avec toutes les parties, "il est évident que cela ne pourra pas durer éternellement", a déclaré samedi M. Grundberg en marge de la la conférence Manama Dialogue qui se tient annuellement à Bahreïn.n"A un certain moment, les parties veulent des résultats et si cela ne se produit pas, vous risquez de perdre l'élan nécessaire que vous avez". "Il y a des voix belliqueuses dans la région et il ne faut pas les suivre, pour rendre possible de régler le conflit", a estimé l'émissaire onusien.
Mais les frappes américaines et britanniques sur les houthis lancées depuis janvier, en riposte aux attaques menées par les houthis sur le transport maritime au large du Yémen "ont considérablement compliqué la médiation", a estimé M. Grundberg. "En conséquence, nous n'avons pas été en mesure de passer des engagements convenus en 2023 à une feuille de route réelle", a-t-il dit.
"Le conflit peut être résolu"
L'émissaire de l'ONU a estimé difficile, dans l'état actuel des choses, de tenter de concrétiser une feuille de route pour la paix au Yémen. Mais il a ajouté avoir la conviction que les "bases" pour relancer une telle démarche existent "car le conflit entre les Yéménites peut être résolu".
"Cependant, le facteur de complication actuel est la déstabilisation régionale, dont le Yémen est devenu un acteur avec les attaques en mer Rouge" et dans le golfe d'Aden, que les houthis disent mener en solidarité avec les Palestiniens.
Une feuille de route ne peut-être, dans tous les cas une "baguette magique" pour le Yémen, qui a été plongé dans l'une des pires crises humanitaires au monde, les deux tiers de la population dépendant de l'aide, a relativisé l'émissaire onusien.
Une telle feuille se veut un ensemble d'engagements humanitaires et économiques, ainsi que des étapes vers un cessez-le-feu permanent et un processus politique, sur une période nominale de trois ans.
"Je pense que la responsabilité qui nous incombe est de veiller à ce que cette dynamique soit maintenue et que les parties comprennent la nécessité d'avoir confiance dans le fait qu'il est possible d'y arriver" a déclaré M. Grundberg. "Dans le cas contraire, les conséquences sont connues. Si l'on retombe dans une confrontation violente, je pense que les conséquences ne seront en faveur de personne".
"Je pense que le peuple yéménite doit être impatient dans son ensemble. Je pense qu'il attend la paix depuis bien longtemps" et que "tout le monde veut que ce conflit se termine", a conclu le responsable de l'ONU.
La guerre au Yémen a fait depuis 2014 des centaines de milliers de morts et provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde.
Venus du nord du Yémen et soutenus par l'Iran, les houthis ont pris en 2014 le contrôle de la capitale Sanaa puis une bonne partie du nord du pays....


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