Des combattants syriens anti-gouvernementaux célèbrent leur arrivée dans la ville capturée de Hama, dans le centre-ouest, le 6 décembre 2024. Photo AFP/MUHAMMAD HAJ KADOUR
Troisième ville de Syrie, Homs, dont les rebelles s'approchent vendredi après avoir conquis de vastes pans de territoire, était surnommée la "capitale de la révolution" par les militants qui se sont soulevés contre le régime de Bachar al-Assad en 2011 avant d'être impitoyablement réprimés.
Située dans le centre de la Syrie, sur la route de la capitale Damas à 150 km, la ville a connu d'intenses combats qui ont notamment ravagé son centre historique, avant que le régime n'en reprenne totalement le contrôle en 2017.
Avec une population mixte, à majorité musulmane sunnite mais comptant des alaouites -- minorité dont est issu le président Bachar al-Assad -- et des chrétiens, elle a été la ville où la violence confessionnelle a atteint son paroxysme pendant la guerre.
La population de cette ville qui a un poids économique et est dotée d'une importante raffinerie, était estimée à 800.000 personnes au début de la guerre.
La province éponyme se trouve non seulement au centre du pays mais ses frontières administratives s'étendent du Liban à l'ouest à l'Irak à l'est et représente un important centre routier. Homs a été une des premières villes à participer au soulèvement en mars 2011 contre le clan Assad, au pouvoir en Syrie depuis plus d'un demi-siècle.
Siège impitoyable
Homs a également été la première ville où a commencé la contestation armée, quand la répression sans merci des manifestations populaires a dégénéré en affrontements armés.
Le quartier de Baba Amr était alors devenu le bastion de la rébellion de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils), avant que l'armée n'en reprenne le contrôle en mars 2012.
Les forces gouvernementales imposent ensuite un siège impitoyable à la vieille ville, où les bombardements causent d'énormes destructions.
Durant les deux ans de siège, près de 2.200 personnes ont été tuées dans la vieille ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Dans le centre historique, totalement en ruines, les personnes qui sont restées, coupées du monde, sans électricité ou téléphone, n'avaient quasiment plus rien à manger, se nourrissant souvent d'herbes et de quelques aliments séchés, et étaient privées de médicaments.
En mai 2014, la plupart des rebelles sont contraints de quitter la ville. Ils sont évacués en vertu du premier accord entre régime et rebelles pour le retrait des insurgés depuis le début de la guerre.
En mai 2017, le régime met la main sur toute la ville après l'évacuation des derniers rebelles retranchés dans le quartier de Waer, une opération supervisée par la Russie.
Journalistes tués
Des dizaines de milliers de civils qui avaient fui les combats étaient entretemps rentrés.
C'est dans la ville de Homs que deux journalistes occidentaux, l'Américaine Marie Colvin, 56 ans, et le photographe français Rémi Ochlik, 28 ans, avaient été tués le 22 février 2012. Ils étaient entrés clandestinement à Homs et se trouvaient dans une maison transformée en centre de presse du quartier de Bab Amr.
Ils ont été tués dans un bombardement attribué au régime. En 2019, un tribunal américain a condamné la Syrie à verser plus de 300 millions de dollars aux proches de la journaliste Marie Colvin, jugeant le régime de Damas coupable d'une attaque "intolérable" contre les médias.
Située dans le centre de la Syrie, sur la route de la capitale Damas à 150 km, la ville a connu d'intenses combats qui ont notamment ravagé son centre historique, avant que le régime n'en reprenne totalement le contrôle en 2017.
Avec une population mixte, à majorité musulmane sunnite mais comptant des alaouites -- minorité dont est issu le président Bachar al-Assad -- et des chrétiens, elle a été la ville où la violence confessionnelle a atteint son paroxysme...

