Une fiole du vaccin mpox est vue lors du lancement de la campagne de vaccination à l'hôpital général de Goma, le 5 octobre 2024. Photo AFP / AUBIN MUKONI
Les pays qui négocient un accord de prévention des pandémies se sont retrouvés lundi pour une semaine pour tenter de lever les obstacles qui subsistent et le patron de l'OMS espère un heureux dénouement d'ici la fin de l'année.
Les négociateurs se retrouvent une nouvelle fois au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, trois ans et un jour après la décision officielle de doter le monde d'un texte qui doit permettre de prévenir et de mieux gérer les pandémies, après les graves erreurs du Covid-19.
« Vous savez ce que vous avez à faire et vous savez ce qui est en jeu », a lancé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, aux négociateurs des 194 États membres de l'agence sanitaire des Nations unies.
« Je pense que vous pouvez finaliser les questions en suspens avant la fin de cette année », a-t-il dit, estimant que « la fin est plus proche que vous ne le pensez ».
Si les négociateurs s'accordent sur la portée générale de ce qu'ils veulent, le diable -et les obstacles les plus épineux- restent dans les détails.
« Pour que l'accord sur la pandémie soit utile, il faut les bases d'une prévention solide, de préparation continue et de réponse robuste, résiliente et équitable », a averti le docteur Tedros.
« Un accord sur la pandémie déséquilibré n'est pas un accord », juge le responsable, dont les équipes ne participent pas directement aux négociations, contrairement à ce qu'affirment les complotistes qui voient dans ce texte une tentative du secrétariat de l'OMS de miner la souveraineté des pays membres.
Cette session d'une semaine est la continuation du 12ème cycle de négociation, qui a duré du 4 au 15 novembre.
« Cela devient urgent »
Les discussions de lundi ont porté sur la recherche et le développement, le financement durable, le transfert de technologie et de savoir-faire pour la production de produits de santé liés à la pandémie, la prévention et la surveillance, et sur le coeur de l'accord : le système d'accès aux agents pathogènes et le partage des fruits de la recherche.
La coprésidente des discussions, Precious Matsoso, a indiqué qu'elle espérait que cette semaine permette de « résoudre la plupart des problèmes ».
Vendredi, les pays feront le point et décideront s'ils ont fait suffisamment de progrès pour convoquer une session extraordinaire de l'Assemblée mondiale de la santé afin d'adopter un accord finalisé. Mais l'OMS a besoin de 35 jours pour organiser une session extraordinaire de son organe décisionnel suprême.
Et le retour de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier est dans de nombreux esprits.
Donald Trump est hostile à l'OMS. Au cours de son premier mandat, il a commencé à retirer les États-Unis de l'organisation, l'accusant d'être une marionnette de la Chine.
Anne-Claire Amprou, ambassadrice de France pour la santé mondiale et coprésidente des négociations, a qualifié cette semaine de « cruciale » et exhorté les pays à travailler de manière pragmatique, flexible et réaliste parce que « cela devient urgent ».
La Fédération internationale de l'industrie pharmaceutique (Ifpma) a indiqué lors des discussions qu'elle souhaite un accord qui permette au secteur privé d'innover et de répondre efficacement aux futures pandémies.
Mais « voulez-vous un accord qui protège sérieusement et concrètement la santé et l'économie de tout le monde sur la planète, ou voulez-vous protéger la santé financière des entreprises pharmaceutiques ? » a demandé l'ONG Oxfam, s'adressant aux négociateurs.


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