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Dernières Infos - Crise Politique

France : le risque de censure du gouvernement s'accentue

Un drapeau français; Photo AFP

L'extrême droite agite plus que jamais la menace d'une censure du gouvernement minoritaire de centre-droit en France, peut-être dès la semaine prochaine sur le budget de la Sécurité sociale, malgré les avertissements sur un risque d'"affaiblissement" du pays.

Formé le 21 septembre à l'issue de plusieurs semaines de crise politique suivant la dissolution inattendue de l'Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron, en juin, l'exécutif est particulièrement fragile.

La France est lourdement endettée et le gouvernement veut faire voter de nombreuses et très critiquées économies. La coalition gouvernementale est également divisée sur les hausses d'impôts. La gauche et l'extrême droite pourraient le faire tomber ensemble.

Sans attendre la lecture définitive sur le budget de l'Etat mi-décembre, une motion de censure pourrait être déposée dès la semaine prochaine en cas de recours à l'article 49.3 de la Constitution -qui permet de faire passer un texte sans vote- sur le budget de la Sécurité sociale.

"Les Français attendent des engagements clairs et fermes sur (...) l'abandon du déremboursement de nouveaux médicaments et de la désindexation des retraites (...) et le Premier ministre n'en prend pas le chemin", a réagi sur le réseau social X la cheffe de file de l'extrême droite, Marine Le Pen, au lendemain d'une intervention télévisée du chef de l'exécutif.

Le député de son parti Jean-Philippe Tanguy ne voit pas non plus "une main tendue" par Michel Barnier, même si ce dernier s'est dit prêt à faire davantage pour "préserver le pouvoir d'achat" des Français et a annoncé une mission sur la proportionnelle lors des élections, autre revendication du Rassemblement national (RN).

"Dans le mur"

Selon la porte-parole du gouvernement, la gauche et l'extrême droite, en faisant tomber le gouvernement, "prendraient le risque d'envoyer le pays dans le mur" et "devront assumer la responsabilité d'un affaiblissement durable" de la France à l'échelle internationale.

"La France est à la croisée des chemins. On a le choix aujourd'hui entre relever la tête, accepter un budget de redressement (...) ou s'enfoncer dans un déficit qui nous mènera, vers un affaiblissement durable sur le plan économique, social, diplomatique du pays", a déclaré Maud Bregeon sur la radio franceinfo.

Le Premier ministre conservateur a lui mis en garde mardi contre des "turbulences graves sur les marchés financiers" si son gouvernement tombait.

"Nous empruntons déjà très haut nos taux d'intérêt, les taux d'intérêt que nous sommes obligés de respecter pour financer notre dette avec des investisseurs chinois ou américains", a-t-il ajouté.

L'écart entre les taux d'emprunt français et allemand sur les marchés a atteint mardi son plus haut niveau depuis 2012. Et mercredi, le taux d'emprunt de la France a dépassé brièvement celui de la Grèce sur les marchés, une situation inédite qui témoigne des craintes des investisseurs quant à la situation politique française.

"La France a une marge de manœuvre, bien sûr, mais le symbole est là", a commenté auprès de l'AFP Aurélien Buffault, gérant obligataire de Delubac AM. Pour autant, "la France a une des dettes les mieux gérées du monde et qui est considérée comme très liquide, ce qui veut dire qu'elle peut être achetée et cédée très rapidement, un facteur très positif", a-t-il noté.

Bourse en repli

Dans l'après-midi, vers 14H30 GMT, la Bourse de Paris reculait  de 0,88%, la crise politique française poussant les investisseurs à bouder les actifs bleu blanc rouge, en attendant d'y voir plus clair. Mardi, le CAC 40 avait terminé en baisse de 0,87%, à 7.194,51 points, au plus bas depuis le 7 août.

Avec un déficit public en net dérapage, attendu cette année à 6,2% du produit intérieur brut, la France affiche la pire performance des 27 de l'Union européenne à l'exception de la Roumanie, très loin du plafond de 3% autorisé par les règles de l'UE.

Depuis l'été, la deuxième économie européenne fait partie d'un groupe de huit pays en procédure de déficit excessif.


L'extrême droite agite plus que jamais la menace d'une censure du gouvernement minoritaire de centre-droit en France, peut-être dès la semaine prochaine sur le budget de la Sécurité sociale, malgré les avertissements sur un risque d'"affaiblissement" du pays.

Formé le 21 septembre à l'issue de plusieurs semaines de crise politique suivant la dissolution inattendue de l'Assemblée nationale par le président Emmanuel Macron, en juin, l'exécutif est particulièrement fragile.

La France est lourdement endettée et le gouvernement veut faire voter de nombreuses et très critiquées économies. La coalition gouvernementale est également divisée sur les hausses d'impôts. La gauche et l'extrême droite pourraient le faire tomber ensemble.

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