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Avancée vers un cessez-le-feu au Liban, Paris appelle Israël et le Hezbollah à "s'en saisir"

« Washington ne croit pas qu'un accord a été conclu », affirme le porte-parole du département d'État américain ; un cessez-le-feu serait « une grosse erreur », met en garde le ministre israélien Itamar Ben Gvir.

Des bâtiments détruits par des frappes israéliennes à Ghobeyri, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 25 novembre 2024. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Les discussions sur un cessez-le-feu au Liban ont « avancé significativement », a déclaré lundi l’Élysée, appelant Israël et le Hezbollah à saisir « au plus vite cette opportunité », alors que le cabinet de sécurité israélien doit se prononcer mardi sur un éventuel accord.

« Les discussions sur un cessez-le-feu sur la ligne bleue (au sud Liban, ndlr) ont avancé significativement », a indiqué la présidence française, au moment où Washington évoquait un accord « proche ». « Nous espérons que les parties prenantes se saisiront au plus vite de cette opportunité », a-t-elle ajouté. Quatre sources libanaises de haut niveau ont indiqué à Reuters que le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron devraient annoncer un cessez-le-feu dans les 36 heures sous les plans existants. « Nous pensons être arrivés au point où nous sommes proches » d'un accord, a déclaré John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, tout en soulignant que rien n'était encore acquis.

« Les États-Unis estiment que les écarts ont été réduits de manière significative, mais il reste des mesures à prendre. Washington ne croit pas qu'un accord a été conclu concernant le Liban », a de son côté déclaré le porte-parole du département d'État américain, Matthew Miller. 

Ces annonces ont été faites après une intensification ces derniers jours des frappes meurtrières d'Israël contre des fiefs du Hezbollah au Liban, alors que les acteurs internationaux redoublaient d'efforts en vue d'un cessez-le-feu. Le cabinet de sécurité israélien « se prononcera mardi soir » sur un accord de cessez-le-feu, a indiqué un responsable israélien à l'AFP sous couvert de l'anonymat, sans fournir d'autres précisions.

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Le 8 octobre 2023, le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien au Hamas, son allié palestinien, cible d'une offensive destructrice à Gaza lancée par Israël en riposte à une attaque sans précédent menée par le mouvement islamiste contre son territoire le 7 octobre 2023. Après un an de violences transfrontalières et après avoir affaibli le Hamas à Gaza, Israël a concentré ses opérations au Liban en lançant une intense campagne de bombardements à partir du 23 septembre dernier sur les bastions du Hezbollah.

Grosse erreur 

Le vice-président du Parlement libanais, Élias Bou Saab, a affirmé à Reuters qu'il ne restait « aucun obstacle sérieux » à la mise en œuvre d'une trêve proposée par les Etats-Unis. Il a ajouté qu'un point d'achoppement concernant la surveillance du cessez-le-feu avait été résolu au cours des dernières 24 heures par la mise en place d'un comité composé de cinq pays, dont la France, et présidé par les États-Unis. Selon lui, la trêve proposée par Washington prévoit le retrait de l'armée israélienne du Sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans les 60 jours.

L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU Danny Danon a affirmé que les négociations en vue d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah « progressent » tout en précisant que son pays « veillera à avoir la capacité de neutraliser toute menace non traitée dans le sud du Liban ».  Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, qui préside une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 près de Rome, s'est dit lundi « optimiste » sur un cessez-le-feu. 

Les médiations se font sur la base de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU qui a mis fin à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006. La 1701 stipule que seuls l'armée libanaise et les Casques bleus peuvent être déployés à la frontière sud du Liban. Successivement, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, et l'ONU ont appelé à un cessez-le-feu.

Mais pour le ministre de la Sécurité nationale israélien, Itamar Ben Gvir (extrême droite), qui n'est pas membre du cabinet de sécurité, un cessez-le-feu serait « une grosse erreur ». Originaire du nord d'Israël, Dorit Sison, 51 ans, redoute aussi un règlement comme en 2006, qui selon elle a permis au Hezbollah de « se réarmer ». Maintenant « ils ont des tunnels, des roquettes, toutes les munitions possibles ».

Israël dit vouloir mettre hors d'état de nuire le Hezbollah et le Hamas, des alliés de l'Iran, son ennemi. Il a juré de détruire le Hamas après l'attaque du 7-Octobre et veut faire cesser les tirs de roquettes du Hezbollah, qui ont déplacé quelque 60.000 habitants du nord depuis plus d'un an. Lundi, l'armée israélienne a affirmé avoir frappé en une heure environ 25 cibles liées au Hezbollah dans la banlieue sud, le sud et l'est du Liban. Au moins 12 personnes ont été tuées dans les raids dans la région de Tyr (sud), selon le ministère de la Santé.

Le Hezbollah a lui tiré au moins 30 projectiles sur Israël, a indiqué l'armée au lendemain de 50 attaques aux roquettes et drones revendiquées par le groupe chiite contre des régions israéliennes dont Tel-Aviv (centre), un record depuis septembre. Selon le ministère de la Santé, au moins 3.768 personnes ont été tuées au Liban depuis octobre 2023, la plupart depuis septembre dernier. Côté israélien, 82 militaires et 47 civils ont été tués en 13 mois. 

Les discussions sur un cessez-le-feu au Liban ont « avancé significativement », a déclaré lundi l’Élysée, appelant Israël et le Hezbollah à saisir « au plus vite cette opportunité », alors que le cabinet de sécurité israélien doit se prononcer mardi sur un éventuel accord. « Les discussions sur un cessez-le-feu sur la ligne bleue (au sud Liban, ndlr) ont avancé significativement », a indiqué la présidence française, au moment où Washington évoquait un accord « proche ». « Nous espérons que les parties prenantes se saisiront au plus vite de cette opportunité », a-t-elle ajouté. Quatre sources libanaises de haut niveau ont indiqué à Reuters que le président américain Joe Biden et le président français Emmanuel Macron devraient annoncer un cessez-le-feu dans les 36 heures sous les...