Ali Larijani, conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 15 novembre 2024. Photo REUTERS/Thaier al-Sudani
Le conseiller du guide suprême iranien, Ali Larijani, a déclaré dans une série de vidéos publiées sur le site de Ali Khamenei, que si le Hezbollah utilise « son équipement le plus important », qu'il n'a pas encore révélé, la situation « pourrait changer du tout au tout ».
Dans des propos cités par l'agence Reuters, il a ajouté que l'Iran se prépare à « répondre » à la dernière attaque israélienne contre son territoire le 26 octobre. « Des responsables militaires étudient les différentes options » pour une telle riposte, « ce qui nécessite précision et confidentialité », a-t-il ajouté. Le 26 octobre, les avions de combat israéliens avaient mené trois vagues de frappes contre des cibles militaires iraniennes, quelques semaines après que l'Iran a tiré un barrage d'environ 200 missiles balistiques contre l'État hébreu. L'Iran s'est déjà engagé à répondre aux attaques israéliennes, bien que cette déclaration intervient alors que des officiels iraniens avaient laissé entendre ces dernières semaines leur volonté de « reporter » leurs représailles contre Israël après l’annonce de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine le 6 novembre dernier.
Le « moral élevé » des combattants du Hezbollah
Dans son entretien, M. Larijani a affirmé que « les capacités du Hezbollah sont incomparables avec ce qu'elles étaient » lors de la guerre de juillet 2006. Depuis ce conflit avec Israël, le parti chiite a gagné « en expérience et en ressources ». « Ils n'ont pas encore utilisé leur équipement le plus important, et s'ils le déploient, la situation pourrait selon moi changer du tout au tout », a poursuivi le conseiller du guide suprême, qui a souligné que le parti « produit ses propres armes ». « Peut être que les Israéliens s'en sont rendus compte et c'est pour cela qu'ils sont intéressés par un cessez-le-feu plus rapidement que prévu », a-t-il suggéré. M. Larijani n'a pas donné de détail sur les armements que pourraient encore déployer le Hezbollah, qui a annoncé durant le week-end la première utilisation de missiles de croisière dotés d'ailettes.
Revenant en outre sur les combats en cours, notamment au Liban-Sud où les combattants du parti chiite tentent de faire face aux avancées terrestres israéliennes, Ali Larijani a souligné le « moral élevé » des combattants du parti. « Ils sont optimistes concernant le futur et résolus », a-t-il assuré, soulignant qu'après la mort de leur chef Hassan Nasrallah, les combattants se sont « unifiés autour d'un engagement commun : défendre le Liban jusqu'à leur dernier souffle ». Il a encore estimé que si, après les explosions de bipeurs du 17 septembre, et les différents coups portés au parti, notamment l'élimination de son chef, qui ont marqué un « recul » et donné aux Israéliens l'impression que « le Hezbollah était fini », la situation a « rapidement évolué » et « la résistance a trouvé une nouvelle force ». Il a dans ce cadre indiqué qu' « exclure le Hezbollah de l'équation politique » au Liban « n'est pas une option ».
Mikati et Berry veulent « protéger les intérêts du Liban »
Concernant les négociations en cours pour parvenir à un cessez-le-feu, le conseiller iranien a indiqué que, lors de sa visite à Beyrouth, le président du Parlement, qui mène les pourparlers, lui a « expliqué l'avancée des discussions et s'est montré optimiste ». « Nous sommes également en faveur d'un cessez-le-feu. Mais nous n'intervenons pas dans les détails, qui sont examinés avec soin par les autorités libanaises, notamment Nabih Berry et le Hezbollah », a-t-il souligné. « Quelle que soit la décision prise, l'Iran soutient le gouvernement libanais », a-t-il poursuivi, affirmant que « Nabih Berry et le Premier ministre libanais (Nagib Mikati, ndlr) veulent vraiment protéger les intérêts du Liban ».
M. Larijani a en outre évoqué la frappe israélienne qui a touché la périphérie de l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) au moment de son arrivée, le 15 novembre, s'interrogeant sur « le message » que les Israéliens ont voulu faire passer. « Cela voulait-il dire que vous pouvez utiliser l'espace aérien pour frapper où vous voulez, quand vous le voulez ? Nous le savions déjà », a-t-il ironisé. Il a enfin commenté les informations ayant fait état d'une polémique lors de son passage à l'AIB, suite à des informations selon lesquelles il aurait refusé d'être fouillé par la sécurité. « Nous n'avons même pas vu le terminal, personne ne nous a vus, nous sommes directement allés à la réunion, à laquelle nous étions déjà en retard », a-t-il souligné.



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10 h 18, le 26 novembre 2024