Des manifestants dont Laila Soueif (c), mère de l'opposant politique égypto-britannique Alaa Abdel Fattah, manifestent à Londres le 3 juillet 2023. Photo d'archives AFP/HENRY NICHOLLS
Alaa Abdel Fattah, opposant politique égypto-britannique emprisonné en Égypte depuis cinq ans, a "complètement perdu espoir", déplore sa mère, en grève de la faim, appelant les autorités britanniques à agir auprès du Caire pour obtenir sa libération.
Le 29 septembre, ce célèbre blogueur pro-démocratie âgé de 43 ans devait être libéré après avoir passé cinq ans en prison. Mais il est, à ce jour, toujours derrière les barreaux, souligne auprès de l'AFP sa mère, Laila Soueif, 68 ans. Ce jour-là, cette militante et professeure de mathématiques a entamé une grève de la faim, qui dure depuis 54 jours.
Si le début était douloureux, elle se sent désormais "dans un état à peu près normal" malgré une perte de poids fulgurante, explique-t-elle, lors d'une interview dans la maison de sa fille à Londres. Le 29 septembre 2019, Alaa Abdel Fattah avait été arrêté par les autorités égyptiennes après avoir partagé un texte, écrit par quelqu'un d'autre, accusant un policier d'avoir torturé à mort un prisonnier.
Deux ans plus tard, il a été condamné à cinq ans d'emprisonnement pour "diffusion de fausses informations", à l'issue d'un procès que sa mère qualifie de "mascarade". Il aurait donc dû, selon elle, être relâché fin septembre en comptant les deux ans de détention provisoire, que les autorités égyptiennes ont refusé de prendre en compte comme c'est pourtant le cas habituellement.
Mais "s'il n'est pas libéré maintenant, il ne le sera pas dans deux ans. Les autorités trouveront une autre excuse pour le maintenir en détention", affirme-t-elle. Si sa santé et ses conditions de détention sont "correctes", le fils de Laila Soueif "ne pense pas qu'il sortira un jour de prison", ou qu'il y ait "un avenir pour lui", souligne-t-elle.
Lorsqu'elle lui rend visite une fois par mois, elle n'a le droit de lui parler que pendant 20 minutes, par téléphone derrière une vitre. Alaa Abdel Fattah a lui-même "frôlé la mort" en 2022 lors d'une grève de la faim, selon sa famille.
"Nous ne vous lâcherons pas"
Figure de la révolution de 2011 qui a renversé le président Hosni Moubarak, et bête noire du président actuel Abdel Fattah al-Sissi, ce militant a été incarcéré à plusieurs reprises depuis 2006.
Selon les organisations de défense des droits humains, des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont détenus en Égypte, souvent dans des conditions très difficiles. En 2022, l'opposant est parvenu à obtenir la nationalité britannique dans sa cellule grâce à sa mère, née au Royaume-Uni. Celle-ci se dit aujourd'hui "plus résolue que jamais", et mise notamment sur l'entrée au gouvernement en juillet dernier de David Lammy, le chef de la diplomatie britannique, qu'elle doit rencontrer le 27 novembre pour la première fois depuis sa nomination.
Lorsqu'il était dans l'opposition, il avait appelé à plusieurs reprises à la libération d'Abdel Fattah. "J'attends de (David Lammy) qu'il fasse ce qu'il réclamait de la part du précédent gouvernement", souligne-t-elle, espérant des "avancées concrètes". Mais "je sais d'expérience que les autorités britanniques peuvent vous laisser en suspens pour toujours".
Selon Laila Soueif, Londres a "l'influence" nécessaire pour obtenir la libération de son fils. "Ce n'est pas l'Iran ou la Chine (...) je ne peux pas croire que le gouvernement britannique n'a aucun pouvoir de faire quelque chose", souligne-t-elle. "Faites libérer mon fils" sinon, "mes filles et moi, nous ne vous lâcherons pas", a-t-elle prévenu.
Après avoir passé 54 jours sans manger, consommant seulement de l'eau, du thé, et des sachets de réhydratation trois fois par jour, la mère du blogueur envisage la possibilité que sa rencontre avec son fils fin novembre puisse être la dernière.
"Le seul rêve qui me reste est de passer au moins quelques mois avec (mon fils), ses soeurs et mes petits-enfants, dans des circonstances normales", réclame-t-elle. "Et si c'est trop demander (...) alors j'espère que ce que je fais maintenant ne sera pas vain".
Alaa Abdel Fattah, opposant politique égypto-britannique emprisonné en Égypte depuis cinq ans, a "complètement perdu espoir", déplore sa mère, en grève de la faim, appelant les autorités britanniques à agir auprès du Caire pour obtenir sa libération.
Le 29 septembre, ce célèbre blogueur pro-démocratie âgé de 43 ans devait être libéré après avoir passé cinq ans en prison. Mais il est, à ce jour, toujours derrière les barreaux, souligne auprès de l'AFP sa mère, Laila Soueif, 68 ans. Ce jour-là, cette militante et professeure de mathématiques a entamé une grève de la faim, qui dure depuis 54 jours.
Si le début était douloureux, elle se sent désormais "dans un état à peu près normal" malgré une perte de poids fulgurante,...


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