Un drapeau est mis en berne au siège des Nations unies à New York le 13 novembre 2023. Photo d'illustration/AFP
Les frappes israéliennes qui ont tué des dizaines de personnes mercredi à Palmyre, sont « probablement les plus meurtrières » ayant visé la Syrie à ce jour, a estimé jeudi une responsable de l'ONU, s'inquiétant plus largement de l'escalade de la violence dans le pays. « Une fois encore, les frappes israéliennes en Syrie ont augmenté de façon importante, à la fois en fréquence et en portée », a déclaré devant le Conseil de sécurité Najat Rochdi, adjointe de l'envoyé spécial de l'ONU en Syrie.
« Hier (mercredi), des dizaines de personnes ont été tuées lors d'une frappe près de Palmyre, probablement la frappe israélienne la plus meurtrière à ce jour », a-t-elle estimé. Plusieurs frappes israéliennes ont visé mercredi la ville moderne attenante aux ruines gréco-romaines de Palmyre, dans le centre du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ONG basée au Royaume-Uni mais qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie.
Selon le dernier bilan de l'OSDH, 79 combattants pro-iraniens ont été tués lors de ces frappes, l'une d'elle ayant touché une réunion de groupes pro-iraniens avec des responsables des mouvements irakien d'Al-Noujaba et libanais Hezbollah. Le ministère syrien de la Défense a de son côté fait état de 36 morts. De manière générale, « Israël dit que ses frappes visent des cibles en lien avec l'Iran, le Hezbollah ou le Jihad islamique palestinien. Mais une fois encore, nous avons vu des victimes civiles, y compris lors de frappes importantes sur des zones résidentielles dans le coeur de Damas », a noté Najat Rochdi.
Elle s'est également inquiétée d'une « situation volatile » dans le Golan, et d'autres violences « sur de nombreux autres théâtres d'opération », notamment dans le nord-ouest du pays. « Cette année est en bonne voie pour être la plus violente depuis 2020 et le risque d'une dévastation encore plus grande se profile à l'horizon », a-t-elle mis en garde.
Déclenchée en 2011 après la répression de manifestations antigouvernementales, la guerre en Syrie a fait plus d'un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes. Un cessez-le-feu négocié par la Russie et la Turquie a été décrété dans le nord syrien après une offensive du régime en mars 2020. Mais il est régulièrement violé.
« Clairement, la priorité immédiate pour la Syrie est la désescalade. Le pays est frappé par les tempêtes incessantes d'un conflit régional et par les vagues montantes d'un conflit sur son territoire », a ajouté Najat Rochdi, alertant sur la situation de la population civile. « Alors que l'aide humanitaire se réduit et que la rhétorique et les actions hostiles s'intensifient, les Syriens sont poussés vers des conditions de plus en plus précaires et intenables ».

