Un drapeau grec. Photo LOUISA GOULIAMAKI/AFP/Getty Images
Le ministre grec de la Défense a annoncé jeudi une refonte des forces armées grecques en mettant l'accent sur l'introduction de systèmes de drones et un renforcement des capacités de cyberguerre après des leçons tirées de la guerre en Ukraine.
La Grèce doit faire face à une « réalité différente » et moderniser « rapidement » ses forces pour répondre aux exigences du XXIe siècle, a déclaré le ministre de la Défense, Nikos Dendias, à la commission parlementaire de la défense.
Présentant les grandes lignes de son projet, le ministre conservateur a souligné que l'armée allait introduire quatre systèmes de drones différents, qu'elle fusionnerait des unités de l'armée et mettrait de côté les anciennes armes.
« Nous devons entrer dans l'ère des drones », a-t-il insisté.
« Chaque unité de l'armée aura des capacités de combat par drone », a-t-il déclaré.
Afin d'économiser des fonds, plus de 130 casernes militaires seront supprimées d'ici l'année prochaine, a précisé Nikos Dendias, rappelant que le pays dispose de plus de 800 camps militaires, « soit plus que les États-Unis ».
Selon le ministre, l'objectif est d'économiser deux milliards d'euros sur dix ans.
Le porte-parole du gouvernement grec, Pavlos Marinakis, a estimé lors d'un point de presse que la réorganisation de l'armée serait « la plus importante jamais entreprise dans l'histoire de l'État grec en matière de défense nationale ».
Les détails de la réorganisation de l'armée seront dévoilés d'ici la fin 2024. La présentation de cette réforme devant la commission parlementaire jeudi n'a été ouverte aux médias que durant les 15 premières minutes.
Le ministre du gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis n'a livré aucune donnée chiffrée ou détaillée par arme.
En ce qui concerne la marine, a-t-il martelé, « elle sera considérablement renforcée ».
« La marine va acquérir des capacités de frappe stratégique qu'elle n'a jamais eues » dans l'histoire de la Grèce, a-t-il insisté, cité par l'agence de presse grecque ANA.
Nikos Dendias n'a pas fourni de plus amples précisions mais indiqué que les frégates grecques seraient désormais équipées d'un système anti-drone de fabrication grecque, qui a déjà été utilisé contre les rebelles Houthis en mer Rouge.
En avril, le ministre avait déclaré à la télévision privée Skaï que son pays devrait être protégé d'un système antiaérien et devrait se diriger vers la création d'un « dôme anti-drone », comme la Turquie voisine.
Le gouvernement turc avait indiqué le mois dernier que ses industries de défense envisageait la construction d'un « dôme de fer », système de défense anti-missile à l'image de celui qui protège Israël.
Concernant l'armée de l'air grecque, le ministre a déclaré qu'elle allait disposer d'environ 200 appareils, principalement des Rafales français ainsi que des F-16 Vipers et F-35 américains. Quant à la marine, les anciens navires de guerre et sous-marins grecs sont en cours de modernisation.
Athènes envisage une coopération avec les États-Unis pour la construction des frégates lance-missiles de la classe Constellation dans les chantiers grecs, et avec l'Union européenne pour la construction d'une nouvelle corvette patrouilleur.
Membre de l'Otan et comptant environ 10,5 millions d'habitants, la Grèce consacre près de 3% de son produit intérieur brut (PIB) à la défense, l'un des taux les plus élevés parmi ses partenaires européens, invoquant des tensions avec son rival historique, la Turquie, également membre de l'Alliance atlantique.
Après la crise financière de la dernière décennie et le gel des programmes d'armement, Kyriakos Mitsotakis s'est engagé ces dernières années à moderniser les forces armées en signant des accords avec la France, les Etats-Unis et Israël.


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