Le ministre français de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, prend la parole lors d'une session de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 12 novembre 2024. Photo Ian LANGSDON / AFP
Israël exige de « conserver la capacité à frapper » le Liban « à tout moment » dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu avec le mouvement pro-iranien Hezbollah, ce qui est incompatible avec la souveraineté du pays, a souligné mercredi le chef de la diplomatie française.
Soulignant que les buts de guerre du gouvernement israélien au Liban n'étaient « pas tout à fait précis », Jean-Noël Barrot, qui était en Israël la semaine dernière, a fait le constat d'un durcissement des positions.
« A l'horizon, il y a bien un Etat libanais avec lequel vivre en paix, un voisin, qui ne serait pas une menace pour Israël. Mais à court terme (...) c'est la logique de la guerre, les positions se durcissent », a-t-il estimé lors d'une audition sur le Liban à l'Assemblée nationale.
« Aujourd'hui, on entend en Israël des voix qui s'élèvent pour dire que le plus important, c'est qu'Israël, à tout moment, puisse conserver une capacité à frapper au Liban, voire entrer au Liban, comme c'est le cas avec (...) la Syrie », a expliqué Jean-Noël Barrot.
« C'est évidemment une perspective qui n'est pas compatible avec la souveraineté (...), avec un État fort disposant du monopole de la force légitime », a-t-il poursuivi, soulignant que les efforts diplomatiques portaient sur la montée en puissance des forces armées libanaises.
Le Liban est depuis septembre le théâtre d'une guerre ouverte entre le Hezbollah et Israël. Les efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu sont restés sans effet.
La France pousse à l'application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies de 2006, stipulant que seuls les Casques bleus et l'armée libanaise doivent être déployés dans le sud du Liban frontalier d'Israël.
Et elle réfléchit sur les moyens de renforcer la Force intérimaire des Nations unies (Finul) alors que celle-ci est sous le feu des critiques d'Israël qui lui reprochent d'avoir fermé les yeux sur l'armement du Hezbollah, qui tire des roquettes quotidiennement sur le nord d'Israël.
Jean-Noël Barrot a souligné que des discussions avaient lieu sur « l'évolution » de la Finul « sans avoir nécessairement à modifier le mandat ».
Il a ainsi évoqué « les équipements que la Finul pourrait mobiliser pour surveiller l'application du cessez-le-feu le moment venu », « la fréquence des patrouilles » ou encore « sa capacité à intervenir ».
Le ministre a souligné que la France avait des discussions avec les principaux pays ayant des contingents au sein de la Finul pour renforcer à la fois les forces armées libanaises et la Finul pour garantir la sécurité au Nord d'Israël, « et donc justifier pleinement le retrait des forces israéliennes ».
Israël exige de « conserver la capacité à frapper » le Liban « à tout moment » dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu avec le mouvement pro-iranien Hezbollah, ce qui est incompatible avec la souveraineté du pays, a souligné mercredi le chef de la diplomatie française.Soulignant que les buts de guerre du gouvernement israélien au Liban n'étaient « pas tout à fait précis », Jean-Noël Barrot, qui était en Israël la semaine dernière, a fait le constat d'un durcissement des positions.« A l'horizon, il y a bien un Etat libanais avec lequel vivre en paix, un voisin, qui ne serait pas une menace pour Israël. Mais à court terme (...) c'est la logique de la guerre, les positions se durcissent », a-t-il estimé lors d'une audition sur le Liban à l'Assemblée nationale. « Aujourd'hui, on entend en...


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