Les services d'urgence et de sécurité libanais récupèrent des biens avant de déblayer les décombres sur le site d'une frappe israélienne un jour plus tôt sur un immeuble résidentiel dans la ville de Barja au Liban, le 6 novembre 2024. Photo AFP/JOSEPH EID
Dans son salon au mur troué par un éclat d'obus, Moussa Zahrane déplore le sort de ses voisins, qui ont fui les bombes dans le sud du Liban pour être tués dans une frappe israélienne mardi soir près de Beyrouth.
"Ils ont fui la mort, mais elle les a rattrapés ici", dit l'homme de 54 ans, les pieds en partie brûlés par la frappe, dont la femme et le fils sont encore à l'hôpital.
Les meubles de son salon ont été éparpillés par le souffle de l'explosion, qui a endommagé un immeuble résidentiel à la périphérie de la paisible localité de Barja, à une trentaine de kilomètres au sud de Beyrouth.
La frappe a touché un appartement au premier étage dans l'immeuble où habitaient des familles ayant fui le sud du Liban, où Israël, en guerre ouverte contre le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah, a intensifié ses raids aériens depuis fin septembre.
Au total, 20 personnes ont été tuées, selon un bilan provisoire du ministère libanais de la Santé.
Mais un responsable local de la Défense civile a affirmé mercredi à l'AFP sur le lieu du raid que les secouristes avaient déjà retiré 30 corps des décombres, pour la plupart des femmes et des enfants.
On ignore combien de victimes demeurent sous les gravats, a indiqué à l'AFP un secouriste, les voisins avançant des nombres contradictoires.
"Nous avons trouvé des corps d'enfants dans les escaliers (...) et des morceaux de corps partout", dit-il.
Depuis quatre heures du matin mercredi, les secouristes s'activent pour déblayer les décombres de l'immeuble, bâti sur une colline surplombant la mer, à la recherche d'éventuels survivants.
L'un d'eux rassemblait des cartables d'écoliers remplis de manuels scolaires, dont un de couleur rose, tandis qu'un autre secouriste jetait des vêtements.
A quelques pas de là, une grue tentait de dégager les décombres qui ont bloqué le premier étage, où un trou béant laisse apparaître le salon d'un des appartements.
- "Semer la peur et diviser" -
Selon Hassan Saad, maire de Barja, une localité sunnite située dans la région du Chouf, hors des bastions du Hezbollah chiite traditionnellement visés par les frappes israéliennes, trois familles de déplacés vivaient dans l'appartement visé.
Moussa Zahrane, dont l'immeuble est mitoyen de la bâtisse touchée, raconte que la plupart des habitants étaient "des familles" qui ont fui le sud il y a environ six semaines.
"Je leur ai donné des chaises, des matelas", ajoute-t-il. "Ils sont tous morts. J'ai tellement de peine."
Moussa Zahrane rend grâce au ciel d'avoir épargné son fils unique, né après des années d'attente. "J'allais entrer dormir, et pendant que j'embrassais mon fils, tout a explosé autour de moi", dit-il.
"Les flammes ont atteint les plantes de mes pieds (...) Mon fils et ma femme ont été blessés", ajoute-t-il.
Ce n'est pas la première fois qu'un appartement résidentiel est visé à Barja. Le 12 octobre, quatre personnes ont été tuées et 18 autres blessées lors d'un raid israélien similaire.
A ce moment-là, la cellule de crise de la municipalité de Barja avait exhorté "toute personne visée ou en danger à s'éloigner de la localité", appelant les autorités à "calmer la situation, protéger les civils innocents et apaiser les tensions que l'ennemi israélien cherche à attiser".
Mercredi, le maire a réitéré cet appel pour "ne pas mettre en danger nos habitants et nos invités", la ville accueillant "plus de 27.000 déplacés" ayant fui les bombardements israéliens.
Barja abrite 35.000 habitants, auxquels s'ajoutent environ 10.000 réfugiés syriens.
Israël mène ponctuellement des frappes meurtrières en dehors des fiefs du Hezbollah, disant cibler le mouvement libanais et touchant souvent des bâtiments abritant des déplacés.
A quelques mètres du bâtiment visé, Mahmoud, 54 ans, est assis avec sa famille devant leur maison, dont les fenêtres ont été brisées par l'onde de choc de la frappe.
Ce militaire retraité, déplacé avec sa famille de Yarine, village frontalier avec Israël, confie à l'AFP: "Il n'y a pas de présence militaire ici, on devait se sentir en sécurité, mais soudain tout a changé".
"Voilà ce qu'est Israël: il veut semer la peur et diviser. +Vous n'êtes en sécurité nulle part+".
"Ils ont fui la mort, mais elle les a rattrapés ici", dit l'homme de 54 ans, les pieds en partie brûlés par la frappe, dont la femme et le fils sont encore à l'hôpital.
Les meubles de son salon ont été éparpillés par le souffle de l'explosion, qui a endommagé un immeuble résidentiel à la périphérie de la paisible localité de Barja, à une trentaine de kilomètres au sud de Beyrouth.
La frappe a touché un appartement au premier étage dans l'immeuble où habitaient des familles ayant fui le sud du Liban, où Israël, en...


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