La Fédération des travailleurs et employés de Saïda et du Sud a appelé mercredi les autorités, et particulièrement le ministre sortant du Travail, Moustapha Bayram, à préserver les droits des travailleurs en période de conflit, en légiférant pour que les salaires des ouvriers et des employés empêchés de se rendre à leur travail, déplacés, ou blessés lors du conflit, soient payés. Et ce dans un contexte d’escalade sans précédent du conflit au Liban-sud entre Israël et le Hezbollah, depuis le mois de septembre.
L’organisme a aussi appelé l’Etat à maintenir la couverture de santé des travailleurs en cessation d’activité, à exempter les travailleurs sinistrés des cotisations de sécurité sociale et des impôts, afin d’empêcher toute détérioration de leurs conditions de vie. La Fédération a de plus demandé au patronat de payer les salaires des travailleurs et ouvriers déplacés et lésés par le conflit, dans un communiqué.
Selon le dernier bilan de l’Organisation internationale des migrations (OIM) publié le 13 octobre 2024, le Liban a enregistré près de 700 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays principalement dans le sud. Mais selon les autorités libanaises, le Liban compte aujourd’hui plus d’1,4 million de réfugiés, selon un bilan établi fin octobre par le ministre sortant des Affaires étrangères, Abdallah Bou Habib.
Dans un communiqué, la Fédération a rappelé les attaques israéliennes au Liban-Sud et dans nombre d’autres régions libanaises, qui ont occasionné des destructions sans précédent, forcé les populations au déplacement, privé les travailleurs de leurs emplois, tuant et blessant des milliers de civils. Le dernier bilan du ministère de la Santé fait état de 3 013 morts au Liban et 13 553 blessés depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël, le 8 octobre 2023.
« Les travailleurs font aujourd’hui face à une forte pression économique, particulièrement ceux d’entre eux qui ont des revenus moyens ou faibles », a souligné la Fédération, invitant par la même occasion les organismes étatiques de secours et de gestion des catastrophes, « à élargir les mesures à tous les secteurs professionnels des zones de guerre et d’autres zones moins touchées, pêcheurs, agriculteurs, ouvriers du bâtiment, petits artisans, travailleurs industriels et commerciaux ».