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Moyen-Orient - Turquie

Erdogan poursuit le chef de l'opposition et le maire d'Istanbul pour insulte et diffamation

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan (g.), et le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu. Combinaison de photos AFP / YASIN AKGUL

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a porté plainte vendredi contre le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, qui ne cesse de se poser en rival du chef de l'Etat, pour des propos diffamatoires qu'il aurait tenus la veille lors d'un rassemblement, selon l'agence de presse gouvernementale Anadolu.

L'édile, élu du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), est déjà dans le viseur du pouvoir qui l'avait fait condamner fin 2022 pour « insulte » aux membres du Haut comité électoral turc. Une autre plainte vise Özgür Özel, le président du CHP et chef de l'opposition au parlement. Ces plaintes distinctes pourraient déboucher pour l'un d'entre eux ou les deux sur des poursuites pour insulte au président en vertu de l'article 299 du code pénal, qui prévoit une peine d'emprisonnement maximale de quatre ans. Cette accusation a déjà été largement utilisée pour réduire au silence les rivaux politiques de Recep Tayyip Erdogan, ainsi que des journalistes ou encore des défenseurs des droits de l'homme.

Il est reproché à M. Imamoglu d'avoir prononcé des « accusations infondées, notamment des diffamations, qui ont violé les droits d'Erdogan », et d'avoir « agi dans le but d'humilier le président devant le public ». M. Özel est lui accusé d'avoir « publiquement insulté le président » et « clairement commis un crime contre la réputation et l'honneur de la fonction présidentielle ».

Les deux plaintes réclament des dommages et intérêts d'un million de livres turques (environ 27.000 euros) à chacun des accusés, selon Anadolu.  Elles portent sur des propos que les deux hommes auraient tenus jeudi lors d'un rassemblement dans l'arrondissement stambouliote d'Esenyurt, au lendemain de l'arrestation et remplacement de son maire CHP, Ahmet Özer, accusé d'être « membre de l'organisation terroriste armée PKK ».

Il n'était pas possible d'établir dans l'immédiat quels propos font l'objet des plaintes.

« Ils organisent un sale jeu contre Esenyurt. Mais tout ce qu'ils veulent c'est protéger leur pouvoir entaché de corruption et sans foi ni loi », a accusé jeudi soir M. Imamoglu.

 « Se faire passer pour la victime » 

Özgür Özel, qui a pris la tête du CHP il y a un an, a rapidement réagi. M. Erdogan « prétend avoir été insulté sans qu'aucune insulte n'ait été proférée, et essaie de se faire passer pour la victime (...) comme si ce n'était pas lui qui avait insulté et victimisé Esenyurt » en arrêtant son maire, a-t-il déclaré à des journalistes.

Interrogé sur l'hypothèse que les autorités tentent de renverser M. Imamoglu comme elles sont accusées de l'avoir fait avec le maire d'Esenyurt, M. Ozel a répondu que la situation n'était pas claire. Mais si c'est le cas, « nous les défierons », a-t-il promis.

Ekrem Imamoglu a fait une entrée fracassante sur la scène politique nationale en 2019, infligeant son pire revers électoral au président Erdogan, en conquérant la mairie d'Istanbul. Il avait alors mis fin à 25 années de domination de M. Erdogan et de son parti sur la mégapole turque. En avril, il a été réélu largement, une nouvelle victoire qui l'a propulsé dans la course à la présidentielle de 2028. Mais il y a deux ans, un tribunal l'a condamné à plus de deux ans et demi de prison et à une interdiction de vie politique pour avoir « insulté » les membres du collège électoral - traités « d'idiots » - qui avaient invalidé une première victoire aux municipales à Istanbul en 2019, avant qu'un nouveau scrutin ne le confirme avec éclat trois mois plus tard. Cette condamnation avait suscité une vague de réprobation internationale. M. Imamoglu, qui a fait appel de cette décision, a conservé ses fonctions de maire, mais cette peine l'avait écarté de la course à la présidentielle l'an dernier. Il est régulièrement classé parmi les personnalités politiques préférées des Turcs.


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a porté plainte vendredi contre le maire d'opposition d'Istanbul Ekrem Imamoglu, qui ne cesse de se poser en rival du chef de l'Etat, pour des propos diffamatoires qu'il aurait tenus la veille lors d'un rassemblement, selon l'agence de presse gouvernementale Anadolu.L'édile, élu du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), est déjà dans le viseur du pouvoir qui l'avait fait condamner fin 2022 pour « insulte » aux membres du Haut comité électoral turc. Une autre plainte vise Özgür Özel, le président du CHP et chef de l'opposition au parlement. Ces plaintes distinctes pourraient déboucher pour l'un d'entre eux ou les deux sur des poursuites pour insulte au président en vertu de l'article 299 du code pénal, qui prévoit une peine d'emprisonnement...
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