Le ministre libanais de la Culture, Mohammad Mortada, lors de la cérémonie de réouverture de la Bibliothèque nationale à Beyrouth, le 10 février 2022. Photo d'archives/Anwar Amro/AFP
Le ministre sortant de la Culture, Mohammad Mortada, affilié au Hezbollah, a estimé dans un entretien à la chaîne al-Mayadeen qu'il « n’y avait aucune réelle nouveauté permettant d’appuyer la possibilité qu’un cessez-le-feu soit bientôt conclu », selon des propos repris par l'Agence nationale d’information (ANI, officielle).
Il a également indiqué que le Hezbollah soutenait « la position officielle de la République libanaise, telle qu’elle a été exprimée par le président du Parlement, Nabih Berry (chef du mouvement Amal, allié chiite du Hezbollah) : soit un cessez-le-feu avec l'application de la résolution 1701 (du Conseil de sécurité, qui a mis fin à la guerre de 2006), soit la poursuite de la guerre israélienne contre le Liban ». Il a assuré que cette guerre, si elle devait continuer, « fera souffrir l’ennemi autant que nous », sans préciser si ce « nous » désignait le Hezbollah ou le Liban.
Des fuites venues des États-Unis ?
Des propos qui contrastent avec l'optimisme affiché mercredi soir par le chef du gouvernement sortant, Nagib Mikati, indiquant qu’un arrêt, même temporaire, des combats entre Israël et le Hezbollah était une affaire d'« heures » ou de « jours ». La presse israélienne a elle aussi fait circuler la mouture d'un potentiel accord et des émissaires américains doivent avoir jeudi des discussions avec des responsables israéliens pour tenter d'obtenir des avancées en vue de mettre fin aux guerres d'Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza et contre le Hezbollah au Liban.
« Il est probable que les fuites qui cherchent à répandre l'optimisme viennent des États-Unis et visent à servir l'agenda électoral du parti démocrate, qui a intérêt à convaincre ses électeurs, notamment ceux d’origine libanaise, qu’il mène des efforts soutenus pour obtenir un cessez-le-feu, plus particulièrement depuis la déclaration faite par Donald Trump à ceux-ci », a affirmé le ministre libanais. Le candidat républicain a en effet adressé cette semaine une lettre de « paix » à la communauté libano-américaine.
Optimisme « trompeur »
M. Mortada a également fait un parallèle entre la volonté affichée par les Israéliens autour de ce cessez-le-feu et celle qu'ils avaient exprimée « dans les premières semaines de l’agression contre Gaza », et qui s'est « plus tard révélée trompeuse ». En novembre 2023, un accord de trêve comportant un échange entre des otages pris lors de l’offensive du Hamas le 7 octobre de la même année et des prisonniers avait en effet été conclu entre Israël et le mouvement palestinien, mais n’avait tenu qu’une semaine. Les deux camps s’étaient renvoyés la responsabilité de cet échec.
« Que cet ennemi et ceux qui le soutiennent tiennent compte du fait que la résistance est prête à continuer de repousser l'agression actuelle et à lui infliger des souffrances pendant des années », a-t-il encore déclaré. Une posture alignée avec celle du nouveau secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, dans son premier discours prononcé mercredi.
Interrogé sur les menaces israéliennes proférées contre le Premier ministre sortant et le président du Parlement, après que le Hezbollah a lancé une attaque de drone contre la résidence du Premier ministre israélien, Mohammad Mortada a estimé que les deux hommes étaient « déterminés à accomplir leur devoir national en défendant le Liban politiquement face aux plans israéliens » et que ces « menaces israéliennes mesquines n’entameront pas la fermeté » du chef du gouvernement.
Mohammad Mortada est au moins le troisième responsable politique du parti à s'exprimer en 24 heures, après le député Hassan Fadlallah, qui avait pris la parole quelques heures avant Naïm Kassem mercredi.



Il a été nommé ministre sur proposition de Amal et non pas de hezballah....rendons á César ce qui est á Cesar
21 h 04, le 31 octobre 2024