L’émissaire américain Amos Hochstein lors d’une réunion avec le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, le 11 janvier 2024, au Grand Sérail de Beyrouth. Joseph Eid/ Photo d’archives AFP
Lors de sa première prise de parole en tant que secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem a affirmé mercredi que les « efforts diplomatiques en cours actuellement » pour mettre fin à la guerre au Liban n’aboutiront pas. « L’élection aux États-Unis sera un tournant, a-t-il estimé. Le président qui sera élu pourrait dire (au Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu que ça suffit et qu’il faut mettre fin à la guerre », a-t-il dit. Le chef du parti chiite a estimé que seule la pression militaire poussera Israël à faire un pas en arrière, se disant prêt pour « des semaines et des mois » d’affrontements.
Mais à peine quelques heures après ce discours, de nombreux signaux positifs quant à une éventuelle trêve, voire un cessez-le-feu, ont commencé à fuser en provenance de plusieurs sources. D’abord dans la presse israélienne. Ainsi, la Chaîne 13 a rapporté, citant des responsables israéliens et américains, qu’une percée a été réalisée dans le dossier libanais. La radio israélienne est allée encore plus loin, affirmant que l’armée se retirera du Liban-Sud d’ici à une semaine.
Presque simultanément, la radio publique israélienne KAN a publié ce qu’elle présente comme le projet de proposition de cessez-le-feu pour le Liban, daté du 26 octobre. Cette proposition appelle Israël et le Liban à mettre en œuvre les résolutions 1701 et 1559 des Nations unies. Selon ce texte, Israël s’engagerait à retirer ses forces du Liban dans les sept jours suivant le début du cessez-le-feu. L’armée libanaise commencerait à se déployer au moment du retrait des forces israéliennes. La mise en œuvre complète de ce projet serait finalisée pendant une période de cessez-le-feu de 60 jours. La Maison Blanche a toutefois tenu à préciser un peu plus tard que « de nombreuses informations et projets circulent et ne reflètent pas l'état actuel des négociations. »
Côté libanais, le Premier ministre sortant, Nagib Mikati, a lui aussi fait preuve d’optimisme. Dans un entretien accordé à la chaîne al-Jadeed, il a déclaré espérer, de manière « prudente », la conclusion d’un cessez-le-feu « dans les prochaines heures ». Ce qui a été remplacé par « prochains jours » dans le verbatim publié par son bureau de presse un peu plus tard...
Bluff israélo-américain dans le but de jeter la balle dans le camp libanais ou percée inespérée ? La visite de l’émissaire américain Amos Hochstein aujourd’hui à Tel-Aviv devrait être porteuse d’une réponse.




Mikati veut nous faire croire qu’il gobe les mensonges de Berry parce que cela l’arrange, mais aussi pour briller aux yeux des négociateurs qui le croient. Il sait pertinemment qu’aucun cessez-le-feu n’aura lieu tant que le HB refuse de déposer ses armes et que ça n’est plus ce dernier qui décide de la tournure que cette guerre va prendre.
13 h 31, le 31 octobre 2024