Des Casques bleus en patrouille dans la localité de Khiam, au Liban-Sud,, le 7 août 2021. Photo d'illustration Mahmoud ZAYYAT/AFP
Dans un entretien accordé à Euronews et repris par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la porte-parole adjointe de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) Kandice Ardiel a qualifié la situation à la frontière israélo-libanaise de « très dangereuse et préoccupante », faisant référence à la destruction massive de villages le long et au-delà de la Ligne bleue. « Il n'y a aucun signe d'apaisement du conflit », a-t-elle insisté.
Kandice Ardiel a également déclaré que la Finul s'était préparée à la possibilité d'une escalade bien avant l'incursion terrestre dans le sud et avait donc pris toutes les mesures nécessaires pour protéger les troupes et fortifier leurs positions.
« Nous sommes limités dans certaines activités, les soldats de la paix devant parfois rester dans leurs positions ou même dans des abris. Notre capacité à surveiller et à signaler les violations de la résolution 1701 est limitée. Bien que nous ayons des tours d'observation, nous devons sortir pour remplir notre rôle le plus efficacement possible, mais nos patrouilles sont très limitées en raison de la situation actuelle », a-t-elle expliqué.
Les mouvements logistiques de la Finul ont été limités par l'impossibilité d'accéder aux bases en raison des routes bloquées, a-t-elle ajouté, précisant qu'une de ses positions avait manqué de nourriture et d'eau à la fin du mois de septembre, avant d'être réapprovisionnée après de nombreuses tentatives.
« Les bâtiments, les biens et les sites de l'ONU doivent être considérés comme inviolables », a-t-elle encore souligné, alors qu'Israël a délibérément attaqué des sites opérés par les Casques bleus et blessé plusieurs d'entre eux, des situations dénoncées par la Finul et par d'autres voix à l'étranger, dont le gouvernement italien, qui est l'un des principaux contributeurs de la force.
« J'ai demandé instamment à tous les acteurs de s'abstenir de toute activité susceptible de mettre en danger les soldats de la paix ainsi que les civils », a assuré la porte-parole. Elle a également souligné que les forces de maintien de la paix restaient sur place, bien que leurs positions et leurs troupes aient été touchées par des tirs croisés directs et, dans certains cas, délibérés.
Interrogée sur la possibilité d'utiliser le droit de légitime défense, Mme Ardiel a expliqué que « ce droit est très limité et ne peut être exercé par les soldats de la paix que dans des cas spécifiques, par exemple lorsque leur vie est menacée de manière imminente ». Elle a précisé que « heureusement, aucun des Casques bleus ne s'est retrouvé dans cette situation ni n'a été gravement blessé jusqu'à présent ».
« Lorsque la tour d'observation d'une de nos positions a été la cible de tirs, les soldats de la paix n'ont pas eu le temps de réagir efficacement et de recourir à l'autodéfense, car tout s'est déroulé très rapidement », a-t-elle ajouté, faisant référence à un des incidents impliquant l'armée israélienne.
Mme Ardiel a souligné que la Finul continue de dialoguer avec les autorités des deux côtés de la Ligne bleue au Liban et en Israël pour tenter de faire baisser les tensions et rétablir la sécurité et la stabilité, poursuit la retranscription de l'Ani. « Les soldats de la paix sont ici en tant que force neutre, chargée d'observer ce qui se passe sur le terrain et d'en rendre compte au Conseil de sécurité. Nous sommes neutres, nous ne sommes pas là pour protéger une partie en particulier. Nous sommes ici pour assurer la stabilité et la sécurité. C'est notre objectif », a-t-elle conclu.


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