L'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Geir Pedersen. AFP
"Tous les ingrédients" sont réunis pour une "tempête" militaire et humanitaire en Syrie, a mis en garde mercredi l'envoyé spécial de l'ONU, s'alarmant des retombées des hostilités au Proche-Orient qui ont déjà des "conséquences graves" pour le pays. "Les flammes des conflits se déchaînent dans les territoires occupés palestiniens, y compris Gaza, et au Liban. Et la chaleur se fait sentir aussi en Syrie", a ainsi déclaré l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie Geir Pedersen devant le Conseil de sécurité.
"L'escalade a déjà un impact majeur sur la Syrie et les civils syriens. Je veux lancer un signal d'alarme clair : un débordement régional en Syrie est alarmant et pourrait devenir bien pire, avec des implications graves pour la Syrie et la sécurité et la paix internationales". "Nous voyons tous les ingrédients pour qu'une tempête militaire, humanitaire et économique éclate dans une Syrie déjà dévastée, avec des conséquences dangereuses et imprévisibles", a-t-il insisté. Il s'est notamment inquiété des frappes israéliennes en Syrie, y décrivant la campagne israélienne la "plus large" depuis 13 ans.
"L'escalade régionale semble également être un catalyseur pour le conflit dans le nord-ouest de la Syrie de manière dangereuse", a-t-il souligné, évoquant une attaque importante du groupe rebelle djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS) dans une zone contrôlée par le gouvernement, ainsi que la reprise de frappes russes après des mois d'interruption et une activité renforcée des forces pro-gouvernementales. Ce contexte représente une menace pour les accords de cessez-le-feu qui ont "même de façon imparfaite, permis un gel vital des lignes de fronts à l'intérieur de la Syrie depuis presque quatre ans", a-t-il mis en garde.
Déclenchée en 2011 après la répression de manifestations antigouvernementales, la guerre en Syrie a fait plus d'un demi-million de morts et déplacé des millions de personnes. Un cessez-le-feu négocié par la Russie et la Turquie a été décrété dans le nord syrien après une offensive du régime en mars 2020. Mais il est régulièrement violé.
Depuis 2011, Israël a conduit des centaines de raids sur la Syrie visant l'armée syrienne et les groupes pro-iraniens, notamment le Hezbollah, déployés en soutien aux forces gouvernementales. Israël a intensifié ses raids sur la Syrie en même temps que son escalade au Liban, où il mène des frappes intensives sur les bastions du Hezbollah, qu'il accuse d'acheminer des armes depuis la Syrie.
"L'escalade a déjà un impact majeur sur la Syrie et les civils syriens. Je veux lancer un signal d'alarme clair : un débordement régional en Syrie est alarmant et pourrait devenir bien pire, avec des implications graves pour la Syrie et la sécurité et la paix...

