Rechercher
Rechercher

Dernières Infos - Finance

Sous pression de Bruxelles, Rome tente de boucler un budget très serré

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni lors d'une conférence de presse dans la ville chypriote de Paphos, le 11 octobre 2024. AFP / IAKOVOS HATZISTAVROU

Le gouvernement italien de Giorgia Meloni mettait mardi la dernière main à un projet de budget pour 2025 extrêmement serré, à la recherche d'un délicat équilibre entre promesses électorales et nécessité de juguler les déficits pour se conformer aux règles européennes. Le conseil des ministres devait examiner dans la soirée une feuille de route esquissant les grandes lignes du budget que Rome doit adresser à Bruxelles, contenant des mesures pour environ 25 milliards d'euros, dont plus de la moitié consacrée aux baisses d'impôts pour les ménages.

"Les recettes proviendront principalement de la réduction et rationalisation des dépenses" et "il n'y aura pas d'augmentation d'impôts pour les particuliers et les entreprises", ont assuré des sources gouvernementales. Un message qui visait à calmer les tensions au sein de la coalition de droite et d'extrême droite, divisée sur l'opportunité de taxer les superprofits des banques pour renflouer les déficits. C'est un chiffon rouge pour le vice-Premier ministre Antonio Tajani, le chef de Forza Italia (conservateur), qui a pesté contre des mesures dignes de "l'Union soviétique". "Si quelqu'un doit payer davantage, que ce soit les banquiers qui paient et non les ouvriers", a réclamé à l'inverse l'autre vice-Premier ministre, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite).

Contribution des banques

Pour contourner l'écueil d'une taxe sur le secteur financier mal vue par les marchés, le gouvernement envisage d'étaler dans le temps les crédits d'impôts auxquels ont droit les banques et de durcir la fiscalité des stock-options de leurs dirigeants. "La discussion avec les banques est en cours et se poursuivra jusqu'au bout", avaient fait savoir lundi soir des sources du ministère de l'Economie.

Le ministre de l'Economie Giancarlo Giorgetti avait jeté un pavé dans la mare en annonçant début octobre dans une interview avec l'agence Bloomberg que le budget "exigera des sacrifices de la part de tout le monde", aussi bien des "citoyens que des entreprises petites, moyennes et grandes". Ces déclarations ont déclenché une mini-tempête à la Bourse de Milan et amené Giorgia Meloni à corriger aussitôt le tir, en démentant toute velléité d'augmenter les impôts et promettant qu’aucun "nouveau sacrifice" ne serait demandé aux Italiens.

Mise à l'index par l'Union européenne pour ses déficits "excessifs", tout comme la France, l'Italie est sous forte pression pour redresser ses comptes et baisser son énorme dette publique qui frôle les 3.000 milliards d'euros. Le gouvernement Meloni s'est engagé à ramener le déficit public dès 2026 à 2,8% du produit intérieur brut (PIB), bien en dessous du plafond de 3% fixé par le Pacte de stabilité européen, un pari qui est cependant loin d'être gagné. D'ailleurs, de l'aveu même du gouvernement, le ratio de la dette italienne, soit 134,8% du PIB en 2023, devrait encore continuer à augmenter avant d'amorcer une décrue à partir de 2027.

Baisses d'impôts 

Pour freiner les dépenses, Rome presse les ministères de se serrer la ceinture, pour dégager environ 3 milliards d'euros d'économies, et compte faire le ménage dans certains abattements fiscaux. Le budget devrait consacrer environ 15 milliards d'euros à des baisses d'impôts et de cotisations sociales pour les revenus modestes, des promesses électorales chères à Giorgia Meloni. La cheffe du parti post-fasciste Fratelli d'Italia compte ainsi reconduire une baisse des charges sociales pour les salaires annuels jusqu'à 35.000 euros déjà en vigueur à titre temporaire.

Autre mesure phare à prolonger, voire pérenniser, la fusion des deux premières tranches d'impôt pour faire bénéficier les revenus annuels jusqu'à 28.000 euros d'un taux allégé de 23% au lieu de 25%.  Ces réductions d'impôts ne vont toutefois pas assez loin du goût des alliés de Giorgia Meloni, Matteo Salvini et Antonio Tajani, qui la pressent de baisser davantage la pression fiscale. "Il y a peu d'argent" et "il ne peut être gaspillé", leur avait rétorqué Mme Meloni, les priorités étant surtout "le soutien aux jeunes, aux familles et à la natalité".


Le gouvernement italien de Giorgia Meloni mettait mardi la dernière main à un projet de budget pour 2025 extrêmement serré, à la recherche d'un délicat équilibre entre promesses électorales et nécessité de juguler les déficits pour se conformer aux règles européennes. Le conseil des ministres devait examiner dans la soirée une feuille de route esquissant les grandes lignes du budget que Rome doit adresser à Bruxelles, contenant des mesures pour environ 25 milliards d'euros, dont plus de la moitié consacrée aux baisses d'impôts pour les ménages.

"Les recettes proviendront principalement de la réduction et rationalisation des dépenses" et "il n'y aura pas d'augmentation d'impôts pour les particuliers et les entreprises", ont assuré des sources gouvernementales. Un message...