Le chef des FL Samir Geagea au centre d'une réunion de son parti à Meerab, le 12 octobre 2024. Photo tirée du site des FL
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a appelé samedi à établir un cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, à élire un président de la République au plus vite et à appliquer les résolutions des Nations unies concernant le Liban, notamment la 1701. Ce texte qui avait mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah appelle notamment au retrait du parti chiite des zones au sud du Litani. M. Geagea s’exprimait à l’issue d’une rencontre tenue samedi à Meerab à l’initiative des FL et placée sous le signe de la « défense du Liban », en présence de plusieurs figures de l’opposition et de personnalités connues pour leur hostilité au Hezbollah. L’événement a toutefois été boudé par les grosses pointures du camp anti-Hezbollah, ainsi que le Parti socialiste progressiste.
« Il est nécessaire de mettre en place un plan de travail face à la situation vécue par les Libanais (...) Nous avons besoin en premier d’un cessez-le-feu », a déclaré le leader des FL qui a comparé le pays à un « navire qui coule ». « Mais en l’absence d’initiatives internationales sérieuses, pour parvenir à un cessez-le-feu, nous n’avons plus que le choix d’élire un président qui respecterait la Constitution et qui s’engagerait clairement à appliquer les résolutions 1559 (2004, appelant au « désarmement des milices libanaises et non libanaises »), 1680 (2006, portant sur le tracé de la frontière terrestre entre le Liban et la Syrie) et 1701, ainsi que l’accord de Taëf (qui avait mis fin à la guerre civile libanaise, en 1989) », a-t-il ajouté. Une requête qui était au centre d’une lettre ouverte adressée dimanche par Stehrida Geagea, députée FL de Bécharré, au président de la Chambre, Nabih Berry. « Soyez le porte-voix de votre communauté (chiite). Engagez-vous en son nom à appliquer la 1701, notamment la clause portant sur la 1559, pour sortir la communauté de la crise actuelle, afin de redresser le pays (…) », peut-on lire dans la lettre.
Lors de son discours à Meerab, le chef des FL avait également plaidé pour un président « qui s’engagerait à ce que les décisions stratégiques soient uniquement du ressort de l’État ». « Nous voulons un président qui s’engagerait à accorder toutes les prérogatives à l’armée pour interdire la possession d’armes en dehors de l’État », en allusion à l’arsenal du Hezbollah. « Après la présidentielle, devrait être formé un gouvernement conformément aux mêmes principes », a ajouté le leader de Meerab, avant de poursuivre : « Tout cela ne signifie pas qu’un camp (politique) vaincra un autre, mais c’est le Liban qui en sortira grand gagnant. » « La démarche israélienne agressive contre le Liban devrait nous pousser à ne pas attendre jusqu’à ce que le dernier Libanais soit tué ou déplacé pour passer à l’acte », a conclu Samir Geagea.


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